Les chroniks du spécialiste
Jean /Avril-Mai 2002
 

 

JAY-Z & R.KELLY
"Best of both worlds"" (JIVE/ZOMBA)
Quand 2 forces de la musique noire américaine se réunissent, les résultats espérés sont plus qu'astronomiques. Mais quand, en plus de ça, il s'agit de R.KELLY (n°1 des artistes R&B) et JAY-Z (n°1 des artistes RAP) on n'ose imaginer le résultat. Si vous avez aimé leur collaboration sur le remix du tube "Fiesta" alors vous adorerez "Best of both worlds" qui garde l'esprit général du single. Outre les flows respectifs des 2 artistes, LIL' KIM, BEANIE SIEGEL et DEVIN THE DUDE (un pote à Dr DRE) viennent ajouter leur grain de sel à l'album. A écouter d'urgence : "Green light" et "Get this money".

 

B.O.F "ALI"
(POLYDOR/UNIVERSAL)
Décidemment, R.KELLY est partout puisqu'il fait aussi l'actualité avec "The world's greatest" tiré de la B.D du film "Ali". Mais outre ce morceau magistral qui fait office d'ouverture de l'album, on retrouve aussi un morceau inédit d'ALICIA KEYS, "Fight" qui confirme définitivement son talent ainsi que le grand classique SOUL "A change is gonna come", à l'origine interprété par SAM COOKE et ici repris pour sa version avec AL GREEN. D'autres stars comme BILAL, ARETHA FRANKLIN ou encore ANGIE STONE raniment le cœur de l'auditeur dans un registre qui se veut purement SOUL. Un vrai régal.

 

PINK
"Missundaztood" (CARISTA/BMG)

"Que s'est-il passé?". Telle est la question que tous les fans de R&B et, plus particulièrement de PINK ont dû se poser en écoutant le dernier disque de PINK. La demoiselle, lasse de faire du DESTINY'S CHILD version clônée, a carrément décidé de sortir un album POP/ROCK produit par LINDA PERRY (du groupe 4 NON BLONDES). Et l'album alors ? Eh bien, à vrai dire, il n'est pas mauvais voire plutôt bon. Certes, ici, plus de rythmes syncopés à la DESTINY'S CHILDS et autres MYA. Non. L'humeur est plutôt à l'introspection "Family portrait" à l'autodérision "Don't let me get me" mais aussi à la fête "Get this party started". Déjà double disque de platine aux Etats-Unis (2 millions de copies vendus), PINK s'est assuré le respect du milieu POP/ROCK mais aussi celui du HIP-HOP/R&B puisque DALLAS AUSTIN (TLC, BOYZ II MEN) et SCOTT TORCH (SNOOP DOGG, Dr DRE, BUSTA RHYMES) ont travaillé sur cet album.

 

HALL STAR
"Fruit de la richesse"
Dernier groupe à sortir un disque autoproduit à RENNES CITY, les HALL STAR ont avec eux le poids du nombre (6 rappeurs, 1 producteur principal et 1 D.J) en guise de qualité principale. Il est vrai que le fait d'avoir 6 flows différents apporte une certaine variété dans les morceaux . Avec ses 18 plages et ses textes portés, pour la plupart, sur le côté "Big pimpin'" de la force, l'album surfe allègrement sur la vague "Dirty South" du RAP et dont le crew CASH MONEY est le plus représentatif. On notera la présence d'invités comme SIMBA, AMBITIEUX (sur un "Never" qui sent bon l'influence de D.J PREMIER) ou encore LITTLE SOORS du groupe MAFIA II PROFETS. Bref, un bon disque surtout quand on sait que "Fruit de la richesse" est leur premier album.

 

JAY-Z
"The blueprint"
(ROC-A-FELLA/BARACLAY/UNIVERSAL)
Le KING OF RAP est de retour et il n'est pas content (il suffit d'écouter "Takeover" sur lequel il fustige NAS et MOBB DEEP). Non content de faire l'actualité avec son album commun avec R.KELLY, JAY-Z attaque les prétendants au trône du RAP mondial avec un album massif qui ne compte qu'un seul invité (EMINEM) mais qui surprend par sa production musicale (les compositeurs figurant sur le tracklisling ont tout simplement fait du bon boulot, TIMBALAND en tête) et, surtout, par la maîtrise verbale du M.C New-yorkais. A noter, une phrase qui a le mérite d'être claire : "Je ne suis peut-être pas meilleur lyriciste que NOTORIOUS BIG mais je suis celui qui s'en rapproche le plus". Une phrase qui a dû mettre NAS et MOBB DEEP en rogne. Assurément.

 

 

 

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Benabar
Laurent /Avril-Mai 2002
 

 

Les critiques de musique ont la fâcheuse tendance à citer un paquet de groupes de musique hyper pointus pour nous faire comprendre à quoi ressemble l'univers musical de l'artiste dont ils nous parlent. Le problème, avec un type dans mon genre, c'est que ma culture musicale s'arrête à mes petites références à moi. Benabar, quant à lui, cite volontiers des gens comme Renaud, Bashung, Tom Waits, Noir désir ou Brel. Ca a le mérite d'être parlant. Mais même si on aime bien tout les gens qu'il cite, ça reste quand même encore un peu flou dans notre tête.

On va faire autrement. Benabar vient du cinéma. Ou plutôt, il y a fait un passage, écrivant et réalisant une poignée de courts, et recevant quelques prix au passage. Le problème avec le cinéma, comme il le dit lui même : "On ne peut rien tourner si on n'a pas l'accord d'une bonne douzaine de personnes." Alors, Benabar fera son p'tit cinéma en chanson et nous fait du Amélie Poulain, de la comédie italienne, celle de la grande époque, ou encore du Sempé (mais si, vous connaissez : le dessinateur du petit Nicolas !).
Les chansons de Benabar sont de petites chroniques, des petits tableaux colorés. Le monde d'un jeune trentenaire citadin, entre mariage et célibat, potes et copines, voisins et passants. Son album est une galerie de portraits, parfois un brin désabusée, souvent poétique, cynique, mais jamais vraiment méchante. Benabar est un mec tranquillou. Quelques polaroïds en vrac : la copine éplorée au téléphone car le nouvel homme de sa vie est aussi tordu que les autres (qu'étaient déjà pas mal dans leur genre), le p'tit gamin de cinq ans qui fait du vélo comme les grands pour la première fois devant ses parents (sans les p'tites roues, tiens !). Il y a aussi le couche tard et le lève tôt qui se croisent tous les jours dans le premier métro, ou bien encore la grande foire aux monstres dont le clou est une rareté à la limite de la découverte scientifique. Jugez par vous même : un homme honnête ! Des histoires comme ça, il y en a 12. Ca ressemble étrangement aux sujets de discussion qu'on a entre potes quand on cause d'amour, de voisins à la con ou de la vie en général.

Le bonhomme a fait la première partie d'Henry Salvador pendant toute sa tournée. La légende veut que ce dernier a entendu Benabar à la radio dans un taxi, et qu'il a quasiment hurlé au malheureux chauffeur : "C'est lui que je veux !" Niveau instruments, ça tourne principalement autour de l'accordéon, trombone, contrebasse et saxo, batterie, piano, trompette et banjo. Que des instruments de clowns, quoi !

Ca s'écoute vachement bien, en préparant à manger, en attendant une visite à la maison ou appuyé à sa fenêtre, les dimanches où il fait soleil, la clope au bec en rêvant de jupes. Le chouette CD à offrir, de circonstance si vous avez un pote qui fête ses trente piges (référence au premier titre de l'album "bon anniversaire" qui passe pas mal sur France Inter).

 

 

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