Politique

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Comment vote-t-on en Europe ?

Élections européennes.

 

Les élections européennes qui se dérouleront du 22 au 25 mai 2014 visent à élire 751 députés venant des 28 États membres qui siégeront au sein du Parlement Européen.

Le Parlement européen se réunit en séance plennière à Strasbourg chaque mois durant trois jours et demi pour débattre de décisions qui, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ont un impact direct sur notre quotidien, que ce soit en positif ou négatif, d’où l’importance de voter aux élections européennes, malgré le flou qui peut parfois les entourer. A titre d’exemple le Parlement européen contrôle notamment les dépenses du budget européen, ce qui va des subventions agricoles à l’aide au développement des réseaux de transport en passant par l’aide à la formation (avec les bourses Erasmus et Leonardo).

 

 

Les différents systèmes de votes en Europe.

 

La particularité de ces élections européennes est qu’elles sont internationales, elles concernent les citoyens européens. C’est donc dans cette logique que ce sont les seules élections où les citoyens des États de l’Union Européenne peuvent se présenter et voter dans l’État dans lequel ils résident, même s’ils n’en sont pas citoyens. Mise à part cette constante, les élections diffèrent selon les pays : petit tour d’horizon.

 

Deux règles sont communes à chaque État :

  • suffrage universel direct : le suffrage universel prend en compte le vote de l’ensemble des citoyens. Ici il doit être direct, c’est-à-dire que les citoyens élisent directement les députés. En opposition au suffrage indirect (qui concerne par exemple les élections présidentielles aux États-Unis) où l’on va voter pour des représentants, dits grands électeurs, qui eux voteront aux noms des citoyens.

  • scrutin proportionnel : les électeurs votent pour un parti, puis les sièges sont attribués à chaque parti proportionnellement aux nombres de voix qu’ils ont obtenues.

 

A partir de là chaque pays organise à sa sauce le mode de scrutin. La France, comme une majorité d’États membres, reste dans le classique et a opté pour le scrutin par liste bloquée, c’est-à-dire que les candidats élus sont pris dans chacune des listes dans leur ordre d’apparition sur cette dite liste. Il s’agit du mode de scrutin le plus répandu.

 

 

Et dans les autres pays alors ?

 

Pour l’Autriche, la Belgique, la Croatie, le Danemark, la Finlande, l’Italie et les Pays-Bas privilégient au contraire le système de vote préférentiel. Ainsi les électeurs votent toujours pour la liste du parti de leur choix, mais sur cette liste ils peuvent choisir les candidats qu’ils préfèrent. Ainsi les candidats élus pour chaque liste seront ceux ayant reçus le plus de vote, indépendamment de leur ordre d’apparition. Les partis ne choisissent donc pas eux mêmes leurs têtes de liste (les candidats qu’ils souhaitent voir siéger en priorité). Le Luxembourg et la Suède vont plus loin au proposant le panachage : les électeurs peuvent “panacher” leur propre liste, en votant pour les candidats de leur choix, même s’ils appartiennent à des listes différentes. Le choix de ces deux pays est donc de permettre à ses électeurs de voter avant tout pour des candidats en tant que tels plutôt que pour un parti.

Enfin, l’Irlande, l’Irlande du Nord et Malte ont quant à eux opté pour le vote unique transférable (également appelé système de Hare du nom de son inventeur). C’est un mode de scrutin assez complexe à synthétiser, mais néanmoins abordable à comprendre, c’est pourquoi je vous invite vivement à vous renseigner un peu plus à ce sujet. Mais pour simplifier rapidement il s’agit pour les électeurs de numéroter sur une liste donnée les candidats par ordre de préférence. En fonction du nombre de votants et de sièges à pourvoir, un nombre de voix minimal pour être élu est calculé. Au moment du dépouillement, on détermine parmi les candidats notés en numéro un par les électeurs ceux qui atteignent ce quota. Ceux là sont alors élus. Si un nombre insuffisant de candidats atteint le quota (en fonction du nombre de siège à pourvoir), celui ayant obtenu le moins de vote est éliminé et ses voix sont reportées au second de la liste de chaque bulletin où il figurait premier. Et ainsi de suite jusqu’à ce que tous les sièges soient pourvus.

Si le vote unique transférable est un mode de scrutin peu développé, notamment en raison du temps que prend alors le dépouillement, c’est cependant le seul qui permette aux électeurs de concilier principe de proportionnalité et choix indépendant des élus, deux notions essentielles pourtant généralement perçues comme incompatibles.

 

 

ZAP’Mandine

 

 

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