Entretien avec le major GOUERY
Magali /Juillet 2002
 


Début juin, ZAP a rencontré le Major Gouery, du service communication des sapeurs pompiers du 35. Exerçant dans la profession depuis 20 ans, il nous livre son point de vue sur les évolutions de la sécurité routière qu'il a pu constater tout au long de sa carrière en France et en Allemagne.

Cette année, sur les 43 000 interventions réalisées dans le département d'Ille et Vilaine, 15 % concernaient des accidents de la route. Ce nombre reste stable d'une année sur l'autre, en revanche, le nombre de morts diminue. Ceci est essentiellement dû à l'amélioration de la voirie, et de la conception des automobiles. Les principales causes des accidents, mis à part le "hasard", serait la vitesse et l'alcoolémie. Pour sensibiliser les automobilistes, des campagnes de prévention routière sont mises en place par la publicité ou par des actions concrètes comme les "capitaines de soirée". Le problème ne se situe donc pas tant dans une ignorance des risques, mais plutôt dans les mentalités.

Le Major Gouery fait remarquer que seuls 5% des français connaissent les gestes de premiers secours, tandis qu'en Allemagne et en Angleterre, ce chiffre s’élève à 40%. C'est pourquoi le Conseil Général a lancé une action visant à former les élèves de 3ème aux premiers secours, en partenariat avec une association enseignant le secourisme, sur la base du volontariat. Des sapeurs pompiers vont également dans les écoles maternelles pour sensibiliser les enfants à des gestes simples de la sécurité routière (mettre sa ceinture, savoir reconnaître les limitations de vitesses autorisées, etc...).

Le Major Gouery tient à rappeller que le travail des pompiers ne se situe pas dans le répressif, mais dans le préventif. Tout au long de l'année, ils se déplacent dans les écoles, les collèges et les lycées pour informer sur les conduites à risques.

QUE FAIRE EN CAS D'ACCIDENT ?

- 1 : Protéger l'accident en le balisant en amont et en aval pour faire ralentir les autres automobilistes.
- 2 : Donner l'alerte au 15, au 18 ou au 112 (n° européen), en signalant le lieu, la nature de l'accident, le nombre et l'état apparent des victimes, et s'il y en a, les conditions particulières (ex : voiture dans l'eau avec des victimes, camion transportant des produits chimiques) et, éventuellement les premières dispositions prises.
- 3 : Des gestes de secourisme ne peuvent être appliqués que par des personnes ayant suivi une formation.
- 4 : Il ne faut dégager les victimes que s'il y a un danger imminent (ex : voiture en feu, etc…)

Si vous souhaitez obtenir des renseignements sur l'AFPS (Attestation de Formation aux Premiers Secours), vous pouvez contacter la Croix Rouge. Croix Rouge - Délégation Départementale 4 rue du Capitaine Maignan - 35 000 Rennes 02 99 67 38 44.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Rencontre avec Chloé Sergent
Guillaume /Juillet 2002
 


Voici quelques points recueillis lors d'une rencontre avec Chloé Sergent, animatrice-éducatrice au Centre Médical et Pédagogique de Beaulieu. De par son travail, Chloé est amenée à cotoyer quotidiennement des victimes de la route, touchées à des degrés divers.

Tout d'abord, remarque Chloé, la prise de conscience des risques n'est pas systématique ou évidente, même après un accident. C'est d'autant plus grave que les personnes les plus touchées sont moins souvent les conducteurs que les passagers. Pour certains, seul compte le fait de retourner un jour sur la route malgré ce qui a pu leur arriver. C'est donc pour cela que tout usager de la route doit réaliser quels sont les enjeux de la conduite avant de s'engager sur le bitume. Il semble, selon elle, que les conducteurs ont moins en tête le risque de tuer quelqu'un ou de se nuire à eux-mêmes que d'être surpris par un radar. Chloé souligne que, sur la route, chacun est responsable de sa personne, mais aussi des autres. Il ne faut cependant pas négliger le fait que tout conducteur ou passager subit un jour ou l'autre la pression du groupe. Malgré l'ambiance, vous devez être capable de refuser le comportement d'un conducteur surexcité ou ivre. De la même manière, le conducteur ne doit pas se laisser convaincre par ses copains de prendre le volant.

Chloé fait également le constat du manque de valorisation des bons comportements. Tout d'abord, il faut se rendre à l'évidence que le bon conducteur n'est jamais récompensé, alors que le mauvais est sanctionné. De plus, seules les erreurs sont mises en avant dans la communication préventive. Aucune campagne publicitaire ne met l'accent sur les attitudes positives sur la route.

En guise de conclusion, Chloé rappelle que certaines périodes sont particulièrement propices aux accidents chez les jeunes conducteurs, à savoir la rentrée des classes, les " petites " vacances et les périodes de bac ou d'exams. Dernier point, le fauteuil roulant est l'image la plus répandue quand on pense aux accidentés de la route, mais il faut noter que ce n'est que la partie visible de l'iceberg : pour un bon nombre de victimes, l'accident débouche sur une amputation ou des séquelles cérébrales irréversibles, etc…


 

Petit micro-trottoir...
Mathias /Juillet 2002
 


L'insécurité routière étant un problème majeur de notre société, j'ai demandé aux rennais ce qu'ils en pensaient. Quelles solutions apporter pour qu'il y ait moins d'accidents ? Plus de flics ? Moins d'abrutis ? Voyons voir….

Benoît, 19 ans : Je ne me sens pas toujours en sécurité au volant, que ce soit en ville ou ailleurs. Certains ne font pas beaucoup attention à ce qu'ils font, ilssont trop imprudents en comparaison du danger. Je ne pense pourtant pas qu'une présence policière plus importante soit la solution : il faudrait tout simplement que les mentalités changent, que les gens deviennent raisonnables, qu’ils se rendent compte que " voiture " et "alcool " sont incompatibles, pour leur propre sécurité et celle des autres…

Gaëtan, 22 ans : La plupart du temps, je ne me sens pas en danger sur la route… Je croise bien, de temps en temps, quelques chauffards, comme tout le monde,mais dans ces cas-là, j'ai plutôt peur pour eux…Par contre, parfois, je m'énerve, style quand quelqu’un me fait une queue d'poisson, je suis tenté de lui faire pareil, pour lui apprendre….ce n'est pas la solution, évidemment. La solution serait justement d'instaurer, ou de respecter, tout simplement, quelques règles de courtoisie….Mais quand vous verrez les gens se dire bonjour le matin et être tout contents quand ils prennent leur voiture, vous me ferez signe…Les poules auront des dents…Enfin, espérons, espérons !

Julien, 17 ans : Personnellement, je n'ai pas de problèmes. Je fais du vélo, et je n'ai pas de mal à m'intégrer dans la circulation. Je me méfie quand même, surtout des bus, que l’on n’entend pas arriver. Mais à part ça, ça va. Maintenant, je pense que les accidents sont un problème d'inconscience de la part de certains, du moins en voiture. Une des solutions serait peut-être qu'il y ait moins de gens à rouler en voiture, et plus à vélo : les accidents seraient moins violents !

Malik, 20 ans : En tant que piéton, je trouve que certains automobilistes ne font pas beaucoup attention, ne s'arrêtent pas aux passages cloutés, mais ça, c'est une question de respect. Je ne pense pas que plus de policiers réglerait le problème, mais plutôt une sensibilisation par des campagnes de pubs, par exemple. Tout le monde s'accorde à dire qu'il faut changer les mentalités, mais personne ne croit qu'une présence policière dissuasive soit une bonne chose… C'est peut-être cette mentalité-là qu'il faudrait commencer par changer… Quand on n’a rien à se reprocher, on n’a rien à redouter des flics ! N'est-ce pas ? !!!


 

Le roller et la route
Anne /Juillet 2002
 


Réduire le nombre d'accidents en France est une mission primordiale pour le gouvernement. Mais les nouvelles manières de se déplacer se multiplient. Quand on nous parle d'accidents de la route, on pense collision entre deux voitures sur l'autoroute, enfant renversé par une voiture, ou encore moto sur une chaussée mouillée. Mais le roller, dans tout ça, c'est aussi un grand problème. Parlons-en.

Actuellement, beaucoup de jeunes ont découvert ce moyen de déplacement. Par exemple, la rando roller ne cesse de voir son effectif augmenter. Nous avons donc pris la température de la relation roller / sécurité routière. Solenn, étudiante en anglais, répond à nos questions.

ZAP : Faites-vous du roller régulièrement ?

Oui, quand il fait beau, je suis très souvent en roller pour me déplacer. Mais quand il pleut, c'est moins facile et plus dangereux, alors je marche ou je prend le bus. Je vais et je rentre du boulot et de la fac en roller. Sinon, je vais aussi à la rando roller, le jeudi soir, pour m'éclater.

ZAP : Quels sont vos rapport avec les automobilistes ?

Ah, ah… bonne blague. Nous n'avons pas de rapports avec les automobilistes. Quand on roule sur des routes de campagne et que c'est bien dégagé, ils nous voient, donc ils klaxonnent ou ils ralentissent, car c'est toujours marrant de voir des rollers. Par contre, en ville, sur les trottoirs, on se fait jeter par les piétons ou alors il faut les éviter. Quant aux pistes cyclables, comme l'indique leur nom, c'est pour les cycles, alors moi je laisse la priorité aux vélos. Mais cela n'empêche pas les automobilistes de klaxonner quand on passe à côté d'eux. Globalement, les rollers sont assez mal vus sur la route, sans doute en raison de la mauvaise image véhiculée par quelques- uns qui ne respectent pas le code de la route.

ZAP : Comment êtes-vous considérés par le code de la route ?

Nous sommes inexistants. On n'a pas le droit à la route, pas le droit aux pistes cyclables, pas le droit au trottoir : on est juste tolérés. Nous ne sommes pas dans le code de la route. D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, la rando roller n'était même pas reconnue.