ZAP SPECIAL TRAVELLING MARSEILLE

Lumière
   

Alex "Eyescore, Rayteam"
Arnaud "Pikto Diffusion"

 

Lumière sur ces gens qui travaillent dans l?ombre

Avant de venir voir un film vous regardez sûrement la bande annonce, puis une fois dans la salle, avant que le film commence, on vous propose un panorama des divers évènements du festival ; pourtant tout ceci auquel vous êtes habitué demande un véritable travail en amont. C?est pourquoi j?ai décidé de m?intéresser à ces personnes qui s?appliquent à réaliser bandes annonces, montages vidéo, diverses animations d?images et mises en forme, toujours pour le plaisir des spectateurs et sans vraiment de reconnaissance à la hauteur de leurs efforts.
Pendant le festival Travelling, Arnaud et Alex, qui ont chacun leur « affaire » en matière de conception et de réalisation vidéo : respectivement Pikto Diffusion et Eyescore Visual, se sont attelés à ce travail.
Chacun a sa place bien définie : Arnaud s?occupe du montage des "rushs" (des extraits de films) afin de créer les bandes annonces et Alex prend en main la mise en forme des contenus, du message à faire passer : l?animation des titres, c?est à dire l?habillage. « Je préférais travailler avec un ami » m?explique Arnaud, il poursuit : « on est finalement un collectif de gens indépendants ! ».

Après trois années passées dans la section Infographie de l?ESRA (Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle), Alex est satisfait de pouvoir travailler avec Clair-Obscur, "tout se passe bien mais c?est de l?évènementiel, j?aimerai bien avoir une situation fixe" me dit-il. Car ce jeune homme veut faire de sa passion, son métier ce qui est sûrement un des projets le plus audacieux et le plus honorable qu?on puisse avoir !
Aussi ces deux rennais ne s?arrêtent pas là, chacun intervient dans des soirées pour organiser la projection des visuels, il s'agit alors de caler des images sur du son. Samedi 28 février par exemple, alors que Pikto était à la discothèque le Scarabée, Eyescore est parti au parc des expos d'Auxerre où mixaient les Troubles fête et les Technomad pour une soirée réunissant près de 7 000 personnes.
Et alors qui va s'occuper des visuels pour Travelling maintenant que vous êtes partis ?!!
Non, je plaisante? Bon courage à Arnaud et Alex dans la réalisation de leurs projets et peut-être à l'année prochaine pour la prochaine édition de Travelling? sur Helsinki? Alors, ça vous inspire déjà ?





Article : Dothy

Ciné-Junior
   

Olivier Ducastel.

Le jeune public du festival a l?honneur avec Ciné-Junior

Les enfants sont loin d?être oubliés du festival Travelling qui leur consacre même des projections adaptées à leurs âges.
Moyens extraordinaires de transmission de valeurs, de savoirs, et de réflexions, ces projections constituent également un moment d'éveil à la création artistique pour ce jeune public.
Réel temps d'éducation, le cinéma pour enfants se veut aussi et surtout un temps d?émotion dans cette salle obscure face à ce grand écran bien fascinant ! " Chacun de ces petits films sont des histoires à part entière où les genres, les styles et origines se mélangent" explique Jacques Froger, Directeur Artistique de Travelling Junior. En effet, la diversité semble être le maître-mot de ces 15 courts-métrages en compétition !
Le festival Junior est parrainé pour cette quinzième édition par Olivier Ducastel qui, outre son travail de réalisateur remarquable ( Drôle de Félix, Jeanne et le garçon formidable : c'est lui !), s'occupe aussi de l'association Enfants de cinéma qui coordonne le dispositif école et cinéma. "Habituellement, je ne suis pas dans la salle avec eux or ce festival m'offre cette proximité avec les enfants, ils sont très réceptifs, lorsque c'est drôle ils rigolent, ils sont spontanés ! C'est vraiment bien de voir des films dans ces conditions !" déclare avec enthousiasme Olivier Ducastel.

Festival à part entière, Travelling Junior attribue un prix au meilleur court-métrage

Si le T.N.B (Théâtre National de Bretagne) projette les courts en compétition Francophone, le Centre Culturel le Rallye propose, lui, les films en compétition Junior dont l'un d'eux recevra le prix de l'Eléphant d'Or.
Mais qui dit films pour enfants, dit jury d'enfants ! C'est donc à Olivier Ducastel d'intervenir cette année, après le groupe La Tordue et la dessinatrice Marjane Satrapi, pour animer le débat entre les huit enfants qui composent le jury. "Ce qui m'intéressait, c'était de parler de cinéma avec eux, je les ai trouvé plus déluré que moi il y a trente ans, plus cultivé et plus critique même" ajoute-t-il.
Aussi, il est normal que certains courts-métrages passent mieux que d'autres, parfois la forme du récit est plus en phase avec leurs esprits et le type d'humour plus particulièrement adapté à leurs attentes. Pour ce parrain d'exception "il s'agit de fédérer un groupe d'enfants, de vérifier que tout le monde ait la parole, de faire qu'ils s'écoutent les uns les autres. Il faut qu'ils se posent des questions et qu'ils sachent pourquoi ils veulent attribuer le prix à ce film là." C'est finalement à Hamilton Mattress que le jury junior a remis le prix de "L?Eléphant d?Or"? après de nombreuses tergiversations !

Le cinéma n'est-il pas un merveilleux outil pédagogique ?!

 

Jacques Froger.



Article : Dothy

Marseille en voit de toutes les couleurs
   

 

Ville cosmopolite par excellence, Marseille constitue un lieu de brassage cultuel exceptionnel qui a inspiré de nombreux réalisateurs. Quand ceux-ci filment la cité phocéenne, ils représentent aussi la mixité de la population inhérente à la ville. D?ailleurs Paul Carpita souligne avant la projection de Marche et Rêve : « Cette fois j?ai tourné mes projecteurs vers ces millions d?hommes et de femmes qui se sont battus pour une société plus juste, plus solidaire, plus fraternelle ».
Outre le personnage principal de « Toinou », enthousiaste et énergique, toujours défenseur des laissés pour compte de la société marchande ; il y a le personnage de Brahim Ben Kader dit « Bibi » qui illustre les difficultés d?intégration rencontrées par les maghrébins dans la région P.A.C.A. (notamment par la scène de l?entretien d?embauche où l?on comprend clairement l?hostilité de l?employeur).
Aussi, en mettant en scène le meurtre d'un jeune maghrébin dans Drôle de Félix, Olivier Ducastel et Jacques Martineau dénoncent les violences racistes et rappellent le combat quotidien à mener contre ce fléau, contre cette lâcheté de l'être humain.
Mais les preuves les plus édifiantes de ces "barrages à l'intégration" sont exposées dans Rêves de France à Marseille de Jean-Louis Comolli et Michel Samson, film qui s'intéresse à l'émergence des acteurs politiques issus de l'immigration en suivant les tribulations précédant les élections municipales. "En sachant qu'un quart de la population marseillaise vient de l'autre côté des mers, on peut s'interroger sur la place des enfants de l'immigration dans la vie politique et sociale de la ville" déclare Jean-Louis Comolli avant la projection de son film. Ce "contre-documentaire" est d'autant plus vivant qu'on entre dans le réel de la vie politique marseillaise et ses contradictions. C'est par Tahar Ramani que l'on comprend les difficultés d'intégration dans le milieu politique dont pâtissent les enfants de l'immigration. D'abord évincé de la liste des conseillers municipaux, Tahar Ramani fut après maintes tergiversations restitué.

Dans ce même film, un jeune maghrébin raconte qu'après avoir changé la roue d'une voiture d'un couple de retraités, ceux-ci lui ont demandé combien il lui devait. Ce jeune leur a expliqué qu'il avait fait ça gracieusement, simplement pour les aider? Alors, le vieux monsieur, décontenancé, lui a avoué "qu'en l'espace de quelques minutes [ ce jeune homme ] venait de bousculer toutes les idées auxquelles il croyait depuis 50 ans".
Si Marseille s'impose donc en "ville monde", où foisonnent les origines, les religions, et les cultures, il n'en reste pas moins que ce patrimoine demeure difficile à conserver et à mettre en valeur, à cause des multiples offenses dont il souffre que ce soit dans le monde du travail, au niveau politique ou social, et même psychologique par ces mots vils qui blessent profondément. Les films n'existent pas uniquement comme une distraction, mais permettent aussi de fustiger ce qui révolte les réalisateurs dans ce monde parfois si lamentable. Car dénoncer les bassesses du genre humain constitue déjà un premier pas vers la lutte contre le racisme et les inégalités patentes à notre société.




Article : Dothy