ZAP SPECIAL TRAVELLING MARSEILLE

Travelling 2004
   
Pour sa 15ème édition, le festival de cinéma Travelling porte son regard, pour la première fois, sur la France et plus particulièrement sur la cité phocéenne.
Lieu de brassage culturel exceptionnel, coloré de la lumière du soleil et de la mer, Marseille s?impose en ville d?échange, en ville-monde.
Ce nouveau voyage en images va être l?occasion d?explorer cette cité populaire à travers des interrogations sociales, politiques, et identitaires ; car si Travelling nous offre un dépaysement bien agréable, il nous incite aussi à nous poser des questions sur le monde qui nous entoure, particulièrement en mal de fraternité, il nous semble... L?association Clair-Obscur, organisatrice de l?événement propose, outre les cinéastes incontournables : Guédiguian, Izzo, Carpita, Comolli ou Allio, des films de créateurs émergents.
Ce festival s?affiche définitivement en marge de l?ordinaire puisque au-delà des projections, de nombreux débats, concerts et expos se côtoient, et nous plongent dans une effervescence sonore et visuelle.
L?originalité prime d?ailleurs dans le concept de ciné-concert où les Troublemakers remixent la bande son de Nénette et Boni réalisé par Claire Denis.
La chaleur de Marseille va envahir les salles du 20 au 29 février et le Zap sera là pour vous faire vivre l?événement : impression aux sorties des salles, ambiance sur les sites, rencontre avec les bénévoles, résultat des compétitions court-métrage et junior et probablement des interviews de cinéastes (on fera notre possible !!). Alors rendez-vous sur notre site zaprennes.org et dans le prochain numéro.

Contact : Association Clair-Obscur
02.99.14.11.43

Article : Maëlle & Dothy

Regards croisés
   
C'est le nom de l'exposition qui a pris place au Liberté haut pendant toute la période du Festival Travelling. Regards croisés car cette exposition a cherché à confronter le travail de deux photographes, l'un marseillais, l'autre rennais. A la même période c'est à dire du 25 au 31 Décembre 2003, Monique Deregibus, la marseillaise est partie à la rencontre de Rennes et Gwenaël Saliou, le rennais a pris la direction de Marseille. Une semaine pour faire transparaître à travers leurs photographies leur vision d'une ville qui n'est pas la leur. Et le résultat est particulièrement convaincant.
Monique Deregibus, de son côté a parcouru la ville des quartiers de Villejean au Blosne en passant par Bréquigny et Maurepas. Elle a voulu, et cela ressort particulièrement bien de son travail, montrer le visage authentique de Rennes et non pas le masque qu'elle porte comme toutes les villes en période de fête. Le site de ST Microelectronics apparaît donc au détour de son parcours et la photographie couleur apparaît. Elle a donné à cette série un titre qui confirme ce choix, "Connais toi toi-même".


Gwenaël Saliou quant à lui, ne voulait pas tomber dans le cliché en prenant une ville comme Marseille dont on a déjà tous une image à tort ou à raison. En noir et blanc, le photographe a choisi de suivre le chemin que parcoure le bus 35, du vieux port de Marseille au village de l'Estaque. Alors les visages apparaissent, les enfants des quartiers, les dockers, les immigrés et les lieux nous semblent imprégnés de tout un passé, le port, le café du coin?
Le pari semble donc bien réussi pour les deux photographes et ces deux séries s'intègrent à la perfection à l'orientation du festival. Pour ce qui est de Marseille, les photographies auraient bien pu sortir d'un des courts métrages de Paul Carpita. Autant dire que le talent est grand.

 

Exposition Regards croisés
Monique Deregibus/Gwenaël Saliou
Le Liberté haut du vendredi 20 février au samedi 28 février 12h00 à 1h00

Article : Maëlle

MARIUS ET JEannette
   
Les premières images apparaissent sur l'écran et l'on est immédiatement transporté à Marseille, dans un quartier de l'Estaque, quartier cher au réalisateur, Robert Guédiguian, puisque c'est aussi le sien. Et l'on se sent bien parce que ce qui y est raconté, la vie des personnages Marius et Jeannette, nous ressemble tous un peu. C'est le récit de la vie d'hommes qui se retrouvent, partagent leurs émotions, leurs problèmes, leurs souvenirs et bien sûr leurs rires dans une petite cour intérieure qui fait si souvent le charme des maisons du Sud. L'on se sent bien parce que le temps du film on a l'impression d'intégrer cette grande famille. On rit avec eux et on est ému avec eux. C'est probablement le rôle auquel le cinéma se destine mais nous avons parfois tendance à l'oublier. Ce film est là pour nous le rappeler. Le festival de Cannes ne s'y était d'ailleurs pas trompé en lui décernant la 6ème distinction en 1997.

Ce film délivre aussi de nombreux messages. En effet, Robert Guédiguian se revendique "Cinéaste de quartier". Mais au delà du quartier en lui-même, un grand nombre de sujets sont abordés : de l'inégalité à la religion en passant par le drame des camps de concentration avec toujours en toile de fond le thème de l'immigration. Le cinéaste rend aussi un hommage magnifique au monde ouvrier. Il nous rappelle que parfois rien ne sert de lire des livres d'histoire mais qu'il suffit d'écouter les gens, les "petites gens". Magnifique témoignage sur la vie, telle qu'elle est, véritablement.

Si vous avez raté le film, prochaines séances: Lundi 24 à 20h au Liberté
Mercredi 25 à 20h30 au Sévigné


Article : Maëlle

DROIT D'IMAGES
   
Paul Carpita et René Vautier s'étaient donnés rendez-vous samedi autour d'une table ronde sur le sujet : l'incidence de la censure sur leur parcours cinématographique. Le talent de ces deux messieurs toujours aussi passionnés et passionnants, est aujourd'hui, comme il se doit, reconnu et salué. Pourtant ce ne fut pas toujours le cas et bien des fois certaines personnes se sont opposées à leur liberté d'expression. Dans des contextes difficiles qui entouraient la guerre d'Algérie ou celle d'Indochine, ces deux cinéastes s'étaient donnés le devoir de montrer, de témoigner, de dénoncer, de donner la parole à ceux à qui on la refusait. Paul Carpita a subi de plein fouet la censure que pratiquait le pouvoir en place dans les années 50. Son premier film, Le Rendez-vous des quais, aujourd'hui retrouvé, raconte ou plutôt témoigne de la grève des dockers en 1950 à Marseille, sévèrement réprimée. Les dockers voyaient leur métier changer et risquer de perdre sa véritable fonction. Les bateaux dont ils se chargeaient partaient pour l'Indochine avec des canons et revenaient avec des cercueils. Une tragédie et peut-être l'impression d'en être en partie responsable. Et ce soulèvement, Paul Carpita avait choisi avec ses propres moyens de le filmer sans autorisation. Le film fut interdit, saisi et l'homme jeté en prison. Une copie du film sera retrouvée longtemps après rendant hommage à la mémoire des dockers et rétablissant le talent de Paul Carpita. Touché profondément par cet événement, cette émotion était encore palpable ce samedi lorsqu'il revenait sur ces évènements 50 ans après.

Il témoigne : ce qui lui a fait le plus de mal, c'est la solitude dans laquelle il s'est retrouvé avec l'abandon des professionnels du métier. L'instituteur réalisateur et indépendant qu'il était et son film autoproduit dérangeaient. Il ne faisait pas parti du métier. Paul Carpita parle avec intensité encore aujourd'hui de l'humiliation qu'il a ressenti à ce moment de sa vie.
René Vautier, de son côté, comprend, avec l'expérience que connaît Paul Carpita qu'il doit partir filmer ailleurs. Il se rend en Algérie et en ramène un témoignage unique : Avoir 20 ans dans les Aurès où il dénonce le système des colonies et ses conséquences. Il réalisera aussi Afrique 50. Son but a lui aussi fût de rendre le droit à la parôle, le droit à l'image à ceux et celles qui en étaient les plus dignes.
Et ceux qui étaient présents à cette table ronde ont peut-être senti comme moi que ces cinéastes s'étaient donnés un seul but, une seule fonction, tout au long de leur parcours. Filmer la vie authentique, le quotidien, les petits instants de la vie, les gens qui font fonctionner la société, les ouvriers, les employés, les pêcheurs?Et Paul Carpita le dit très justement : "Là où je suis le plus militant, c'est là où je montre la vie" et il ajoute : " je fais toujours des films pour mon père et ma mère". Son père était docker et sa mère poissonnière. Et c'est de ces gens là qu'il veut parler.
Aujourd'hui, comme je le disais au début, leur cinéma est reconnu à raison. A nous de faire en sorte qu'il y ait d'autres Paul Carpita et René Vautier pour poursuivre leurs orientations, et qu'ils aient toujours le droit à l'expression.

Projection:
Le Rendez-vous des quais. Paul Carpita.
Dimanche 29 Pévrier.20h30 au TNB

Article : Maëlle

Marie jo et ses deux amours
   
Marie-Jo et ses deux amours,
de Robert Guédiguian (2001)

Acteurs : Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Julie-Marie Parmentier

Le spectateur des films de Robert Guédiguian sent toujours l?odeur de fraîcheur et la sincérité qui s?en dégagent.
C?est avec la même équipe de comédiens ayant joué Marius et Jeannette, que le réalisateur fait ce film dramatique. Marie-Jo est amoureuse de deux hommes à la fois mais elle ne respire ni sans l?un ni sans l?autre. Entre Daniel, son mari, et son amant, Marco, Marie-Jo est partagée. Sa fille, Julie, part à la fac. Marie-Jo tente alors de vivre avec Marco. Sa famille, qui souffre, essaie de la comprendre. C?est finalement la mer qui va noyer tous les conflits?

Article : Julie

TOTAL KHEOPS
   


TOTAL KHEOPS,1h30
de Alain Bévérini
au Liberté
jeudi 26 février, 22h

Manu sort des Beaumettes la prison marseillaise et retrouve la jolie Lole, la journée commence bien, dans une petite crique des Calanques, il profite de la mer et de la liberté. Il ne tardera pas à renouer avec ses anciennes combines et le soir même procède à un étrange cambriolage chez un leader d'extrème-droite. Il est assassiné à la sortie d'une partie de poker, la
même soirée. Courte liberté. Fabio Montale, ancien ami de Manu est flic, il voit son passé ressurgir douloureusement. Au coeur d'un Marseille noir, où
mafia, fascisme et police s'entremêlent, le flic tranquille et amateur de pêche essaye de comprendre, il finira par déloger la sardine qui bouche le
port.
Dans cette libre adaptation du premier roman de Jean-Claude Izzo, Alain Beverini nous offre un polar touchant, loin du téléfilm aseptisé que TF1 a
pu produire l'an passé avec Alain Delon incarnant le bon flic, Fabio Montale. Richard Borhinger est beaucoup plus convaincant dans ce rôle de flic contre-courant et mal dans son job, Marie Trintignant est quant à elle éternelle dans la peau de Lole. Ce voyage dans la cité phocéenne nous amène au coeur d'une ville plurielle, bouleversée, et, tout comme ce flic, attachante.

Article : Rousty

SOIREE D'ouverture
   



Soirée d'ouverture. DJ Rebel.



Sergent Pépère.

Pour sa soirée d?ouverture Travelling mêle avec brio un film de 1955 et des DJ?s marseillais

Le festival de ciné rennais s?est ouvert vendredi 20 février avec Le Rendez-vous des quais de Paul Carpita, une façon de rendre hommage à ce réalisateur engagé au côté des petites gens.

Ce film traitant de la grève des dockers de Marseille sur fond de guerre d?Indochine rappelle une page noire de notre histoire avec sensibilité et militantisme. Interdit et censuré pendant 35 ans, car exposant des problèmes sociaux et politiques dérangeants, Le Rendez-vous des quais s?impose en véritable résistance à l?autorité militaire et politique des années 50 , mais aussi comme vecteur de paix. Outre la dénonciation du cataclysme humain engendré par cette guerre, Paul Carpita nous expose, à travers ce film plein de sensibilité, la vie prolétaire marseillaise avec beaucoup de réalisme. « Là où je suis le plus militant, c?est quand je montre la vie » avoue Paul Carpita autour de la table ronde avec René Vautier. Véritable coup de génie pour ce marseillais de famille modeste qui n?a pas 30 ans lorsqu?il réalise son premier long métrage Le Rendez-vous des quais. Sa lutte au côté des plus démunis continue encore à 80 ans puisqu?il rappelle au Liberté devant un public très nombreux « qu?aujourd?hui plus d?un million de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté, et que ça c?est vraiment inacceptable ».

 

Au-delà des projections de films, Travelling nous propose une réflexion sur la société, et son inertie face à des inégalités toujours croissantes. Car le propre des images, en plus de divertir, est aussi de susciter des prises de conscience chez les spectateurs, ou du moins de lancer le débat.

Place aux Troublemakers pour la suite de cette soirée d?ouverture du festival ! Et le pari est gagné pour DJ Oil, DJ Rebelle et Magik Malik qui ont séduit les festivaliers présents au Liberté ! Plein d?originalité et de talent, ces jeunes marseillais ont orchestré le dancefloor avec dynamisme jusqu?à 2h du mat?.
Le flûtiste Magik Malik déborde d?imagination pour inventé de nouveaux sons, il joue alternativement avec une flûte traversière et des canettes de bières, tout en harmonie avec les DJ?s qui l?accompagnent.
Le résultat a des accents d?électro-funk teinté de hip-hop, une fois de plus, la cité phocéenne nous démontre qu?elle est capable de belle performance !



Quand la flûte enchantée
envoûte le public du festival?
Article : Dothy

le rendez-vous des quais
   



Réalisation & Scénrio : Paul Carpita

Vendredi 20 Février
20h30 / Le Liberté

 

 

Le festival de ciné rennais s?est ouvert vendredi 20 février avec Le Rendez-vous des quais de Paul Carpita, une façon de rendre hommage à ce réalisateur engagé au côté des petites gens.

Ce film traitant de la grève des dockers de Marseille sur fond de guerre d?Indochine rappelle une page noire de notre histoire avec sensibilité et militantisme. Interdit et censuré pendant 35 ans, car exposant des problèmes sociaux et politiques dérangeants, Le Rendez-vous des quais s?impose en véritable résistance à l?autorité militaire et politique des années 50 ; mais aussi comme vecteur de paix. Outre la dénonciation du cataclysme humain engendré par cette guerre, Paul Carpita nous expose, à travers ce film plein de sensibilité, la vie prolétaire marseillaise avec beaucoup de réalisme. « Là où je suis le plus militant, c?est quand je montre la vie » avoue Paul Carpita autour de la table ronde avec René Vautier. Véritable coup de génie pour ce marseillais de famille modeste qui n?a pas 30 ans lorsqu?il réalise son premier long métrage Le Rendez-vous des quais. Sa lutte au côté des plus démunis continue encore à 80 ans puisqu?il rappelle au Liberté devant un public très nombreux « qu?aujourd?hui plus d?un million de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté, et que ça c?est vraiment inacceptable ».

 

Article : Dothy