LES ROMS
Carmen
Avril - Mai 2004

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Pendant la période féodale les roms étaient des serviteurs et ils appartenaient aux grands propriétaires fonciers et aux monastères. Ils étaient artisans et travaillaient le cuivre (pots, chaudrons et autres outils utilisés en agriculture).

Les Roms, appelés aussi les Normands, stationnaient pendant l?hiver et en été ils voyageaient sur les routes utilisant toujours le même itinéraire. Pour eux les choses importantes dans la vie étaient les chariots,l?or et le bétail. Durant toute cette époque, ils n?avaient pas le droit de parler leur langue ni de s?habiller avec leurs costumes traditionnels.

Pendant la période d?abolition de l?esclavage, au milieu du XIX-éme siècle,
Il y avait des roms qui ont été libérés en Valahia et en Moldavie mais ils devaient rester dans les villages pour travailler l?agriculture. Certains ont refusé cela et ils ont continué à pratiquer leur profession d?artisan. Ils ont emménagé aux abords des villes et ils ont formé des villages où la population Rom était majoritaire. Cette période a produit une vraie vague migratrice vers d?autres parties de l?Europe et de l?Amérique.

Dans la période entre les deux guerres mondiales, on remarque les mouvements d?émancipation des Roms.
Pendant la guerre, un grand nombre de Roms ont subi le génocide nazi, 330 000 ont disparu.
Après la guerre, ceux qui ont survécu ont du diversifier leurs métiers.

Dans la période du régime communiste, ils avaient le même statut que les roumains et étaient égaux devant la loi. Le régime communiste n?a pas reconnu leur statut de minorité, leur spécificité culturelle et à cause de cela, ils n?ont pas eu le droit d?étudier dans leur langue maternelle.
Grâce à cette politique, chacun a néanmoins obtenu un travail qui lui permettait d?avoir le droit aux assurances médicales et aux vacances et surtout le droit d?avoir une retraite. Les roms travaillaient dans des grandes usines mais avec le temps elles ont fermé. Certains d?entre eux ont alors repris leur vie traditionnelle d?antan et les autres se sont adaptés à leur nouvelle situation.
De nos jours une partie de la population Rom essaie de s?établir dans la ville. Mais étant donné qu?ils veulent construire leur maison sur des terrains occupés illégalement, ils sont évacués par les forces de l?ordre. Cette situation a provoqué des conflits entre les autorités et la population Rom.
Le reste de la population Rom réside dans des villages où en tant qu?artisans, ils pratiquent toujours leurs rites et coutumes.

Pendant les 500 ans d?esclavage, les roms n?étaient pas considérés comme des êtres humains, ils étaient des simples objets d?échange et à l?heure actuelle, du fait de la privation de leurs droits, de leur statut de citoyen de deuxième catégorie, de l?exclusion sociale et même de la violence collective dont ils sont l?objet, ils subissent une forme extrême de racisme institutionnalisé. Les politiques, en ce qui concerne les roms ont oscillé entre le racisme d?exclusion qui a aboutit à une ségrégation, et le racisme de domination par l?assimilation qui a conduit à un effacement systématique de l?identité ethnique.

Ce qui définit la culture des Roms dans l?imagination collective est basée sur des stéréotypes, qui en font un peuple stigmatisé de façon très négative. Tous ces préjugés sont perpétués par la politique éducative de Roumanie qui les rejette du système scolaire en les obligeant à adopter des comportements " civilisés " c?est à dire qu?ils doivent s?assimiler culturellement pour ne pas être sujet au racisme des enseignants.

L?enfant Rom est habitué à être perçu comme un habitant d?un monde marginal et déviant, qui appartient à un groupe social " parasite ", il est habitué aux expulsions et il perçoit son avenir comme un avenir négatif et irréversible, le résultat d?un destin implacable dû au simple fait d?être Rom. Quand il arrive à l?école tout son système de valeurs et de normes familiales est bouleversé. Il est identifié par l?autorité scolaire comme un élève à priori médiocre. Même quand il essaye de s?intégrer en tentant d?oublier son identité, son abandon n?est pas récompensé par une intégration réelle, il est encore un " tzigane " qui est placé au dernier rang de la classe pour qu?il ne dérange pas les autres.
L?enfant Rom se sent rejeté et prisonnier dans l?école qui le repousse et qui ne l?aide pas à évoluer. Cela peut produire une rupture entre sa propre personnalité et le comportement qu?il doit adopter pour se faire accepter. Cette rupture conduit à un profond état de dissociabilité.

L?enfant arrive à se nier jusqu?à même repousser son ethnie, ses origines.


 

 

 

 

 

 

LE SERVICE VOLONTAIRE EUROPEEN
Dothy
Avril - Mai 2004

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OU LE BEL ELAN DE SOLIDARITE !

Pour un enrichissement humain, culturel et linguistique, le SVE vous propose une expérience unique : être bénévole durant 6 à 12 mois dans un pays de l'Union Européenne, moyennant une prise en charge de votre logement et de vos besoins indispensables.

A Rennes, ils sont cinq a participer au SVE dans le cadre d?un projet avec les villes jumelées de Rennes : un tchèque, une polonaise, une belge et deux roumaines. En échange de leur participation au sein d?une structure associative, culturelle ou sociale, les jeunes gens reçoivent de l'argent de poche, sont logés (dans un foyer de jeunes travailleurs par exemple) et bénéficient de stages et de cours de français financés. "C'est une très bonne expérience pour connaître des gens, tisser des relations et même voir comment les français travaillent avec les enfants et s'occupent de la santé", déclare Carmen âgée de 21 ans.

Si cette jeune roumaine s'intéresse au domaine socio-éducatif et médical, ce n'est pas anodin? En effet à Sibiu, sa ville natale, elle intervient dans le Centre de Réhabilitation et de Réintégration Sociale, malheureusement en Roumanie ces centres demeurent parcimonieux et en mal de financement, "chez nous l'économie ne va pas bien, la dictature de Ceausescu a laissé de séquelles importantes et il y a peu d'argent pour le domaine médico-social, alors ce sont des fonds étrangers qui nous aide" m'explique-t-elle. Le centre de réhabilitation prend en charge des personnes qui souffrent de troubles multiples : le syndrome de down, le rachitisme, l'abandon et la maltraitance en sont les principaux.
A Rennes, Carmen est volontaire à la "Maison Verte" de Villejean où elle effectue son projet sur la santé et plus particulièrement les conduites à risques. Ce qui la conduit à créer un film d'animation ayant pour thème "la violence", avec des poupées en pâte à modeler qu'elle confectionne avec les collégiens de Montbarrot. Il s'agit de sensibiliser les enfants de cette école à ce problème en les faisant eux-mêmes participer au projet.
D'ailleurs, de retour en Roumanie elle veut continuer à travailler avec les enfants et améliorer le quotidien des autres " maintenant que j'ai vu comment mettre sur pied un projet, et qu'il n'y a pas besoin de beaucoup d'argent pour ça, je veux aider les gens de là-bas ".

Car la richesse humaine est faite de la diversité des cultures, la rencontre et la solidarité entre les peuples est plus que jamais à encourager.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PRINTEMPS DES POETES
Avril - Mai 2004

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Femme mûre

La mûre sauvage glisse entre tes lèvres,
Je l?offre,
Un fillet rouge comme sang ; tu l?achèves.
J?embrasse,
Ta bouche innocente où la mûre se crève.
Je l?aime,
Cette nature, cette cruauté si brève?
J?espère, un jour en devenir l?essence. La sève.

Clément

Poètes ! Vos papiers !

En hommage à la 6ème édition du Printemps des Poètes qui s?est tenue du 8 au 14 mars 2004, nous avons décidé, une fois n?est pas coutume, d?ouvrir nos pages à la beauté du mot. Alors entrez, mettez vous à l?aise et acceptez de partager ces quelques vers entre amis.

klm

AVERTISSEMENT !

Chers lecteurs, un grave danger nous menace. Je ne vous parle pas de terrorisme, ni de la montée du front national, non, ça tout le monde est au courant. C'est un mal bien plus insidieux qui nous guette, tapis dans l'ombre...une terrible maladie, encore mal connue, une pathologie extrêmement virulente, du nom de "couillmollite aiguë".

Les premiers symptômes apparaissent au début du printemps, ils se caractérisent chez les personnes atteintes par un tempérament rêveur, mollasson, et le plus grave, par d'importants troubles de la parole. En effet, ils se mettent sans raison apparente à parler un langage soutenu, et en phase terminale, en rimes, en sonnets, en alexandrins, en vers...et contre tout. C'est insupportable.

Aidez-moi. Je suis cerné. Tous les membres de l'équipe de rédaction sont atteints, sauf moi. Peut-être à cause de certains gènes qui me prédisposent aux blagues salaces, à l'humour douteux, noir et graveleux, des anticorps agissants tels de preux chevaliers combattant l'oppresseur, me dispensant ainsi de toute prise d'antidépresseurs...

Grands dieux, quel est donc ce mal qui nous envahit ? Cette bête ignoble transformant tous mes amis ? Serais-je le seul à endiguer cette infamie ? Ouvrez tous l??il, d'avance, je vous remercie...

MadLeMaudit.

 

 

 

 

 

 

 

Dessin : MadLeMaudit

SLAM TON VERS !!!
Maëlle
Avril - Mai 2004

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Des mots chantés, scandés, sussurrés, slamés comme la formule y invite. Des vieux, des jeunes, des femmes, des hommes, tous se réunissent autour d?une passion commune des mots et de la poésie. A l'instant où ils montent une première fois sur scène, ils intègrent le réseau local d?un mouvement beaucoup plus étendu, qui ne cesse de s?étendre et de conquérir de plus en plus de monde. Il s?agit du SLAM qui, en réalité, n?est pas un mouvement si jeune que cela, puisqu?il est né à Chicago dans les années 80.

Mélange de traditions poétiques américaines, africaines et du mouvement punk, le slam s?inspire de cette origine puisque sa volonté première est de donner la parole à tous et toutes. Il permet de confronter, pour le grand bonheur du public, des styles et formes de poésie les plus différentes, de la poésie de rue à une poésie beaucoup plus conventionnelle. Libre ensuite à chacun d?interpréter, comme il l'entend, un poème d?un auteur ou un texte de son propre cru.

Ce type de manifestation permet à la poésie de sortir des livres et de retrouver ce pour quoi elle est faite à l'origine, l'art oratoire. Le Slam contribue aussi à révéler certains talents d'auteurs ou d'acteurs dont nous avons bien besoin en ce moment. Ce mouvement peut en effet être considéré comme un pied-de nez fait à la guerre contre l'intelligence. Il montre que des gens sont encore capables de création ou du moins capables de défendre leur liberté d'expression. Il ne reste qu'à souhaiter que le Slam ne soit pas lui aussi victime de son succès et récupéré à des fins vilement commerciales.

En attendant, sur Rennes, les soirées se multiplient et les slameurs envahissent les bars comme le Bistrot de la Cité et surtout le bar "l'Elsa Popping" qui propose ce type de soirée tous les derniers mercredis du mois. Un poème dit égal un verre offert mais puisque l'on ne fait pas de la poésie pour le simple plaisir de la boisson, cinq poèmes dits égal aussi un seul verre offert, et oui !!!

Lègislation en vigueur

Article 1 :

Les rencontres de SLAM poésie sont ouvertes à tous, sans distinction de sexe, d'âge, de couleur, d'apparence,
d'appartenance ethnique, de conviction politique ou religieuse,
de préférence sexuelle, de capacité physique ou intellectuelle.

Article 2 :
Les rencontres de SLAM sont ouvertes à tout,
sans distinction de genre, de style, de sujet,
d'inspiration et même de qualité.

Article 3 :
Poètes et public se doivent un respect mutuel. etc.


 

 

Slam Zone Ouest
02 99 54 90 33


L'Elsa Popping
19 rue Poullain Duparc
35000 RENNES

 

 

 

UN POEME EN ALEXENDRIN
Dino
Avril - Mai 2004

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Un poème en alexandrin
L?incroyable défi poético-égotripique
du très sage dINO

Moi, dINO le très haut, je m?engage au plus beau,
Plus terrible des mots maîtrisés en structure,
Et oui, monsieur, madame, prend ces alexandrins*
En guise de gros poings dans ta face de raclure

Mon humeur vagabonde au soleil printanier.
Malgré les vices glacés d?un hiver un peu frais
Qui lui laisse quelques bleus sur un c?ur trop impur
Me voilà, bel et bon, motivé ça c?est sûr !

En pur old school freestyle façon Chateaubriant,
J?assure avec talent, je suis le plus brillant.
On me flatte l?échine comme un bel animal
Mais je sais rester digne comme le fut Hannibal.

Ô lecteur impudent au regard chassieux
Tu relis du dINO, du poème fort classieux
Il t?oblige à incliner ton ?il d?alevin
pour mieux jouir du poème qui enivre comme du vin !


Dessin : Dino

LA POESIE CASSE LES MOTS
Maëlle
Avril - Mai 2004

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"Personne, jamais, ne viendra marcher dans ma tête..."

Pendant l?événement du Printemps des poètes qui célèbre la poésie, l?association GENEPI (Groupement Etudiant National d?Enseignement aux Personnes Incarcérées) se faisait la voix des détenus en lisant leurs poèmes dans le métro de Rennes.

"Les textes sont parfois écrits à la première personne et ils sont très forts en émotions. En lisant leurs poèmes, nous avons accès à une certaine part de leur intimité.",confie Noémie.

La poésie est un moyen de transmettre les émotions, les messages des détenus sur leur propre vie ou sur la réalité du monde carcéral.
L?association GENEPI réunit 800 étudiants en France qui souhaitent tous aider les détenus à leur réinsertion sociale.

Créée depuis 25 ans,
l?association travaille sur trois types d?action :
- l?intervention scolaire et socio-culturelle (calligraphie, musique, théâtre, dessin?) en prison
- la sensibilisation au monde carcéral par l?intermédiaire d?évènements comme Le Printemps des poètes
- une émission de radio pour rapprocher les détenus de leurs familles et aider à la compréhension du public (le dimanche midi de 12h à 14h sur Canal B (94 MHZ), des messages des familles sont diffusés)

"Ce sont des personnes à qui l?on ne pense pas. Nous sommes là pour leur montrer qu?ils ne sont pas seuls. Ils sont très étonnés de notre présence puis très reconnaissants. En plus, la prison est un endroit où les émotions et les liens sont décuplés.", livre Stéphanie, membre de l?association.

La semaine du Printemps des poètes était aussi la semaine de sensibilisation au monde carcéral, peut-être parce que la poésie est une façon de réunir les gens et de les rendre plus compréhensifs.

Les mots sont parfois plus forts que n?importe quelle action et peuvent permettre aux détenus de retrouver l?estime d?eux même.


Association GENEPI
6, cours des Alliés
35000 RENNES
02.99.85.89.51
[email protected]

Livre :Parole de détenus
Publié par Librio 2?

 

L'ARCHIPEL
Dothy & Maëlle
Avril - Mai 2004

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L'archipel espace d'économie alternative et solidaire, est né de la création d'une association en 1997.

Elle regroupe des personnes qui ont la volonté de promouvoir le commerce équitable et le développement durable. "Afin de vulgariser les idées défendues par l'association et de les ouvrir au grand public, il était nécessaire d'avoir un local avec pignon sur rue", explique Marie, salariée de l'association. L'Archipel a donc ouvert ses portes en 1999 et propose plusieurs services.

La boutique de l'Archipel, vitrine du commerce équitable, permet non seulement d'héberger l'association mais aussi de véhiculer les messages de solidarité et de partage, à l'échelle du monde. Du café de Bolivie en passant par le chocolat des Philippines et de la République dominicaine au sucre du Paraguay, sans oublier le cola équitable (!!), tous ces produits sont mis en vente dans cet espace. Le pôle information-documentation, quant à lui, donne accès à tous les renseignements utiles sur les sujets d'économie solidaire, le combat alter-mondialiste ou encore le respect de l'environnement, par l'intermédiaire d'un cyber-café, du prêt et de la consultation de livres ou de magazines sur place.

Le lieu abrite aussi une autre association, "Rennes hébergement". Toutes les personnes devant résider temporairement sur Rennes peuvent s'adresser à cette association qui dispose d'un "réseau d'accueil chez l'habitant du type chambres d'hôtes, à la semaine, à la quinzaine ou au mois."

L' engagement est aussi quotidien car le savoir-faire solidaire se trouve aussi dans la cuisine. En effet, l'Archipel s'affiche en tant que restaurant bio. Des produits de l'agriculture biologique sont cuisinés chaque midi dans une démarche de respect des hommes et de leur environnement. "Quand tu respectes l'environnement, tu respectes un peu plus les personnes", confie Marie.

Le vendredi midi, des tables d'hôtes sont proposées, ce qui permet, au-delà du plaisir gastronomique, d'inciter à l'échange et de dynamiser les discussions en toute convivialité. Il est possible aussi de venir déguster à tous moments de l'après-midi des thés, cafés, jus de fruits et gâteaux toujours dans la même optique de commerce équitable."Parce qu'agir localement, accueillir, accepter, inventer, plutôt que prétendre savoir, [participe] à reconsidérer la richesse et à résister à la marchandisation. C'est être humain, irréductiblement". (citation Le Panier garni : bulletin d'information du mouvement pour le développement solidaire).


Association L'Archipel
Rennes hébergement
1, rue Anatole France
02.99.14.49.68
RENNES
Métro Anatole France

[email protected]
02.23.46.05.06
Du Lundi au Jeudi de 12h à 19h
Le Vendredi de 14h à 19h