A QUAND LE PERMIS
DE CONDUIRE
SWIIP
Décembre - Janvier 2003
 


Et oui, nos chers députés européens viennent de décider tout simplement d'établir un passeport pour les chiens et chats qui voyageront à travers le continent.

A l'heure de la mondialisation, nous sommes de plus en plus nombreux à voyager à travers le monde. Quitter son train-train quotidien pour découvrir de nouvelles contrés, se changer les idées ou partir avec sa copine en amoureux, seuls, tranquilles?

C'est bien beau tout ça, n'empêche que pendant ce temps là, y'en a qui se tournent les pouces à la maison ( ou plutôt les pattes ) : nos amis les bêtes. Et bah oui Rex, Nestor ou Rubis, ils font quoi en nous attendant ? On les met au chenil pour qu?ils se fassent des potes ou chez mémé Huguette pour qu'elle prenne soin d'eux ? Bof? Perso ca me gênerait un peu que mes vieux me laissent en internat pendant qu'ils vont visiter les plus beaux monuments d'Europe.

Heureusement pour nos compagnons, tout va bientôt s'arranger ! Et oui, nos chers députés européens viennent de décider tout simplement d'établir un passeport pour les chiens et chats qui voyageront à travers le continent. Sympa hein ? Mais ça sert à quoi exactement ? Et bien sur la petite ca-carte de votre animal, on va retrouver sa date de naissance, son adresse, ses vaccins etc?

Comme ça si notre petite boule de poils à quatre pattes se fait contrôler dans la rue par la police, hop ! pas de problèmes, monsieur est en règle. Plus besoin d'aller le chercher au poste et finies les réprimandes quand il rentre à pas d'heure le soir.
Bon sans rire, à part le fait que l'on va pouvoir faire un recensement précis du nombre et des déplacements des meilleurs amis de l'homme, je vois pas trop l'intérêt d'une telle mesure.
C'est à cause du 11 Septembre ?
On veut avoir encore plus de renseignements sur les voyageurs inter-frontaliers ? On a peur qu'ils nous posent des bombes ? Qu'ils soient des espions qui gouvernent secrètement le monde ?

Le pire dans l'histoire, c'est que ca va coûter des pépéttes en plus ! Nan mais sérieux les gars, vous auriez pas pu trouver autre chose ? Y'a sûrement des problèmes plus importants à l'heure actuelle que de connaître les trajets des animaux en Europe. Je sais pas ce qu'ils font au parlement à Strasbourg, mais ils doivent avoir vraiment rien d'autre à faire.

Bon ce qui me rassure c'est qu'avec mon poisson rouge je serais jamais embêté moi? Bah tiens en parlant de lui, j'vais aller lui filer à bouffer? Ahlalala?


PETITE SIMULATION
MAD LE MAUDIT
Décembre - Janvier 2003
 


Décidément. Dans un tel char, la visibilité est considérablement réduite, que ce soit via les épiscopes (oui, "épiscopes", "périscopes" c'est dans les sous-marins...) ou par les écoutilles. Et dans un tank, bien que blindé et tout et tout, votre espérance de vie moyenne en action ne dépasse pas 20 minutes. Les raids aériens, les mines et les autres chars y contribuent. Vous m'direz, y'a rien de tout ça en Irak, du moins du côté irakien. Mais il y a autre chose,qu'on trouve à foison dans l'coin, le pire cauchemar pour n'importe quel char d'assaut : le connard au lance-roquettes. Et oui, un imbécile armé d'une simple réplique d'anti-char soviétique à quelques dollars peut dégommer un appareil qui en vaut plusieurs millions, et au moins trois soldats en prime. Et quand vous êtes G.I, çà, vous l'savez. Et vous savez aussi que tout les jours, des collègues à vous se font descendre de cette façon. Ca pousse à être vigilant. Donc, quand vous voyez dans l'oeil de votre viseur un gars en haut d' un immeuble (position de tir idéale) avec un gros machin noir sur l'épaule,vous faites feu. Et vite. Très vite. Il faut tirer AVANT l'autre, parce que, vous vous en doutez, une roquette, ça va vite, pas un char de 50 tonnes. La solution n'est pas la fuite, mais la riposte. Immédiate. Mais dans ce cas, point d'imbécile d'extrémiste (tiens, un pléonasme...), point de lance-roquettes à dix balles, non, juste un innocent journaliste (encore un pléonasme ??? ) armé d'une simple et inoffensive caméra d'épaule. La question est : que foutait-il là, lui et son équipe? Son boulot, oui je sais. Mais n'y avait-il pas d'hôtel un peu plus sûr dans l'coin? Du moins un peu plus éloigné de la ligne de front?

Remettons-nous donc en situation, côté journaliste, cette fois.
Vous êtes reporter de guerre dépêché sur place pour nourrir les J.T.de vingt heure en images parlantes, explicites et inédites, dans le but d'informer les gens des pays en paix sur les horreurs des pays qui ne l'sont pas. C'est vot'boulot. Mais ce n'est plus seulement çà, vot'boulot. Car à cause de la concurrence féroce que se livrent les nombreuses chaînes d'infos, pour leur précieux audimat, votre boss vous pousse au cul pour que vous rameniez des images non plus seulement "informatives", mais spectaculaires, sanglantes, impressionnantes, bref, de quoi faire trembler dans les chaumières, parce que les gens, quand ils tremblent, ils ne zappent pas. Et çà, quand vous êtes journaliste, vous le savez. Vous touchez des primes de risques (normal, me direz-vous...), et si vos images pètent le score, c'est tout bon pour vot'carrière. Vous n'êtes plus en quête d'infos, vous êtes en quête de scoops.
Du scoop. Et du scoop qui tue (et comment...).

Vous arrivez donc en Irak, et comme le travail d'un journaliste, avant d'informer les autres, c'est de se tenir informé soi-même, vous savez où l'armée américaine a dit qu'il ne valait mieux pas aller, parce que ça risque de chauffer un max. Mais, n'écoutant que votre courage et votre conscience professionnelle, vous faites fît des mises en garde, et pis, de toutes façons, les gens ont l'droit d'savoir. Noubliez pas que vous êtes journaliste... Coup de bol, un collègue sympa d'une autre chaîne (il n'émet pas dans le même pays...) vous a indiqué un hôtel bien situé, où pas mal de journalistes ont élu domicile. Vous vous y rendez donc sans plus tarder, ne voulant pas manquer pareille occasion de joindre l'utile à l'agréable. Sitôt installé, vous sortez votre caméra, allez faire un tour sur le balcon, et...ô surprise ! Un gros char américain progressant sur un pont, là, à une centaine de mètres sous votre fenêtre !!! Vous n'en loupez pas une miette, caméra au poing, vous disant que vous êtes un sacré veinard, quand même...Vous faites un gros plan sur le canon, qui est maintenant tourné vers vous (quelle aubaine ), à tel point que vous pourriez presque voir l'obus qui en sort, dit'donc...

Et pan, vous connaissez la suite...
De par cette petite simulation (certainement inexacte dans certains détails, mais pas dans l'fond...), je voulais juste vous démontrer que ce genre d'accidents n'est pas dû ni au hasard ni à l'incompétence des militaires (bien que je ne les porte pas dans mon coeur ), mais plutôt à l'inconscience de certains journalistes qui, en dépit de tout avertissement et surtout en dépit de tout bon sens, se trouvent à des endroits où ils n'auraient jamais dû se trouver, tout ça au nom de la liberté de la presse et du droit de savoir (et aussi un peu à mon avis par appât du gain, mais ça n'engage que moi...). Effectivement, il peut ne pas sembler normal - et même inadmissible - que l'armée américaine agisse sans que nous soyons informés de ses faits et gestes, mais à partir du moment où nous savions qu'ils allaient attaquer l'Irak, on savait très bien ce qu'il allait se passer ! Etre au courant des détails change quoi ? Même si vous êtes contre cette guerre, que voulez-vous faire ? Manifester ? Mettre un véto ? CA CHANGE QUOI ?!! Ce que moi je trouve inadmissible, c'est que des reporters risquent leur vies pour informer des gens qui ne peuvent rien faire à part gueuler. Et si ils le font sciemment, je ne trouve pas ça courageux de leur part, mais irresponsable. Une vie vaut plus qu'un reportage, aussi poignant soit-il.
Mais çà, vous l'savez...


TOUS COMPLICE DU PILLAGE
DU CONTINENT NOIR
DINO
Décembre - Janvier 2003
 


Vous vous réveillez, un matin.
Vous descendez de votre lit en tek pour prendre un bol de café, tout en mangeant un pain au chocolat. A votre poignet, s?entrechoquent un bracelet plaqué or et une gourmette en argent, et à vos doigts scintillent des bagues ou des chevalières achetées à bas prix dans un supermarché. Vous descendez vos poubelles dans un sac en plastique? Bref, vous êtes un type ou une nana normale. Et cela fait de vous un complice objectif du pillage de l?Afrique.

Bon, là, c?est sûr, je la joue un peu provoc?, mais c?est un fait accomplit : si la situation du continent africain est ce qu?elle est aujourd?hui, c?est un peu notre faute à tous, consommateurs lambdas.

Je m?explique. D?une part, il faut vraiment être aveugle pour ne pas constater chaque jour la dégradation constante, et sur quasiment tous les plans, de la quasi totalité d?un continent, et plus particulièrement l?Afrique subsaharienne. Mais d?autre part, le continent continue de susciter de l?intérêt, voire de la convoitise pour ses riches ressources minérales parmi lesquelles de nombreuses matières précieuses (or, diamant, cobalt, etc?)

La dégradation de la situation africaine est due en grande partie au pillage des ressources naturelles africaines par le néocolonialisme. Mais au fait qu?est ce que le néo-colonialisme ?
D?abord on peut considérer, comme Hugon ( économiste ) que le colonialisme à l?ancienne se résumait aux 3 M ( marchands, militaires, missionnaires )
Aujourd?hui, c?est pareil, sauf que le troisième M n?est plus le missionnaire mais le médecin. Voilà ce qu?est le néocolonialisme : l?ingérence économique ( par les marchands, ou plutôt par les expatriés des entreprises occidentales), militaire et humanitaire des pays africains.

Essayons d?être didactique et simplifions. Prenons un exemple concret, par exemple votre téléviseur. Cet objet fabuleux qui vous permet de voir " Scrupules " sur TF1 par le biais des ondes hertziennes a été fabriqué à partir de matière première, donc transformé (manufacturé) puis distribué chez votre marchand de télé préféré. Les entrepreneurs qui vous ont vendu votre poste sont loin de faire ça pour des clopinettes : ils veulent étendre leur marge bénéficiaire et donc diminuer au maximum leur coût de production.Pour avoir un poste de télévision, il faut un certain nombre de matières premières ( pétrole pour le plastique, métaux, silice? etc ) puis il faut les assembler pour finalement les distribuer.
Tout cela à un coût et les entrepreneurs jouent au maximum avec la légalité et les normes internationales pour que ça leur coûte le moins cher possible. Au niveau de la distribution, il vont essayer de payer leurs employés le moins cher possible. Pareil au niveau de la production.

? Et on en arrive aux matières premières : là, c?est carrément pas cher, on se fait plaisir. Et ça se passe souvent dans le tiers-monde, notamment en Afrique.

Je continue dans cette logique. Parce que le drame se déroule sur le terrain. Les entrepreneurs, via leurs expat?, vont contraindre les producteurs locaux à se spécialiser dans un type de production. Exemple de dialogue :
- "Bon, p?tit gars, il va me falloir du chocolat. Si tu veux un peu d?argent, produit moi de la cabosse, tu vas te faire du pognon."
- ?OK, chef !"

Mais voilà, un jour, l?expat? revient :

- "Salut, pt?it gars. Alors, voilà, là-bas, à Paris, ils disent que tu nous vends ton chocolat trop cher. Et là-bas, en Ethiopie, ils nous le font à 2 centimes moins cher la tonne. Alors, qu?est-ce que t?en pense : on te paye moins ou tu te les gardes, tes cabosses ?"

Et voilà !! Le tour est joué.

L?Afrique est vraiment malade d?une mauvaise gestion, notamment de ses ressources, à laquelle se rattachent le manque de transparence, l?irresponsabilité et l?impunité des systèmes mafieux maintenus en place par les expatriés des firmes occidentales.

Pétrole, matériaux précieux, métaux, minerais, bois : directement de la main d?un chef mafieux à un expatrié blanc, ce sont les richesses du continent noir qui sont pillées et qui passent sous le nez de populations qui n?en reçoivent même pas quelques miettes !

En plus, le cercle est vicieux : malgré ce pillage constant, l?Afrique reste dépendante du Nord à cause de son besoin humanitaire et de la fameuse Dette.

L?aide humanitaire des états occidentaux apparaît comme une mise sous perfusion permettant à l?Etat d?assurer le minimum de fonctions régaliennes ; elle traduit une ingérence économique croissante. En somme il y a mise sous dépendance des Etats Africains faisant jouer la balance dette/aide.

Certains ce feront les chantres de l?interventionnisme occidental, avec un discours de façade consensuel et bien pensant : nous, occidentaux, sommes les gardiens de la démocratie et l?ingérence de l?Afrique par le néocolon se justifie par la mise en place de la démocratie à tout prix.

Mais il est notoire que les pays du nord maintiennent artificiellement en place des systèmes archaïques en Afrique. Et les conséquences sociales sont désastreuses : effondrement du système éducatif, exclusion des sociétés africaines du processus de mondialisation, carences des services sociaux, dégradation de l?environnement, instabilité sociale et montée de l?extrémisme religieux.
Nous en sommes tous responsables.