REVEILLONS NOUS
Jordan
Décembre - Janvier 2003

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En attendant juillet,la version hiver des Tombées de la Nuit.

Du 19 décembre au 4 janvier s?ouvre le festival des Tombées de la Nuit (Sons Publics) à Rennes sous le titre " Réveillons nous ". Annulé en juillet dernier pour cause de grève des intermittents du spectacle, les Tombées reviennent avec leur nouvelle formule. Le thème proposé ici est de participer à l?invention de nouvelles manières d?être au monde ensemble : ouvrir de nouvelles voies esthétiques, intégrer des formes inédites, inventer de nouveaux modes de production. Au programme : le premier championnat du monde de n?importe quoi, une remise en forme et de bonnes résolutions au lendemain du réveillon de la Saint Sylvestre, un concert de public, et enfin une carte blanche à la compagnie Aïe, Aïe, Aïe. Un festival à l?allure complètement délurée, où fusent les idées nouvelles et insolites, tout cela dans un but ludique et commun, partager ensemble de nouvelles expériences. C?est donc dans cet esprit de rassemblement que se mêle rêve, action et poésie. De plus, diverses créations s?associeront à d?autres festivals tels que Mythos ou Travelling. Les spectacles-animations se dérouleront donc au gymnase de Bréquigny, à la Cité, à la Halle du Triangle, ou au Parlement de Bretagne. N?hésitez à vous à déplacer.


 

 

 

 

 

 

UNIVERSITE EN GREVE
Maëlle
Décembre - Janvier 2003

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La volte-face du gouvernement mi-novembre en réaction aux mouvements étudiants le laisse supposer.
La grève d'environ 2000 étudiants de Rennes 2
lancée début novembre s'est en effet propagée à une vingtaine de facultés. Les étudiants sont inquiets pour leur avenir et celui des universités.

Ils craignent que le projet de décentralisation et d'autonomie des universités remette en cause le cadre national des diplômes. Plus clairement cette décentralisation entraînerait une concurrence entre universités et donc des inégalités entre étudiants. L'augmentation des frais d'inscription, la privatisation des facultés, la mise en place d'une sélection après la licence et le risque de suppression de la session de rattrapage en septembre sont les conséquences redoutées des réformes.

Monsieur le Ministre de l'Education, Luc Ferry, répond sans difficultés à toutes ces craintes légitimes. Les réformes sont ajournées. Mais l'imminence des élections régionales y est peut-être pour quelque chose. Faut-il faire confiance au gouvernement ? On peut en douter et c'est aussi l'avis des syndicats et étudiants en grève. Pourtant tout n'est pas noir ou blanc. La réforme du LMD (licence master doctorat ou 3-5-8) vise à une harmonisation des diplômes partout en Europe plus que nécessaire. Côté étudiants, une majorité met en cause le moyen de contestation, c'est à dire le blocage de l' Université et l'arrêt des cours.

Il ne tient qu'au gouvernement de faire évoluer la situation. Une discussion concrète avec les étudiants sur la modernisation des Universités est indispensable. Mais la communication ne semble pas le point fort du gouvernement.
Pourtant le passé a prouvé que ce dernier aurait tort de ne pas se méfier des mobilisations étudiantes.

Ce mouvement marque l'inquiétude générale des jeunes pour leur avenir et pour la société. Ce sont les mêmes qui déjà étaient dans la rue au lendemain du 21 avril 2002, choqués par le passage de Jean-Marie Le Pen au second tour des Présidentielles. Ils se sentent concernés par le recul des droits sociaux et des libertés : c'est une manière de montrer que les jeunes ont une opinion et qu'ils sont prêts à la défendre.

Mais les étudiants prouvent aussi qu'ils sont à l'Université pour étudier. L'arrêt de la grève a en effet été voté le jeudi 4 Décembre et les cours ont repris le lundi 8. Cependant des actions ponctuelles ont été prévues afin de poursuivre le mouvement sans pénaliser tous les étudiants. Les examens de janvier seront repoussés et que la semaine de vacances de Février sera conservée. Mais quoi qu'il en soit, il semble que le mouvement étudiant ait été nécessaire ne serait-ce que pour démontrer que les étudiants étaient encore capables de réagir lorsque l'on mettait en cause leur avenir et celui des futurs étudiants.