CULTURE EN DANGER
Julie
Octobre-Novembre 2003

8

 

Le 26 Juin 2003, un protocole d'accord a été signé entre le MEDEF et 3 organisations syndicales sur l'indemnisation des intermittents du spectacle, visés par les annexes 8 et 10.
Ceci impliquerait, selon la CGT, syndicat très actif dans la lutte contre cet accord, que 30 % des intermittents deviendraient rmistes.

Il est certain aussi que de grandes sociétés de production publiques et privées, ont profité des failles du statut d'intermittent en employant des techniciens à plein temps : Ceux-ci étaient ainsi payés par l'assurance chômage, une partie de l'année. par exemple En 1992, France 3 supprimait 50 postes de réalisateurs pour les réembaucher comme intermittents et Canal + fut condamné en 1994 et en 1999 pour usage abusif de contrats à durée déterminée.

Cependant, les artistes et techniciens n'entendent pas laisser passer cet accord qui les touche dans leur quotidien et leur créations. En effet, il est déja difficile de trouver du travail dans le spectacle vivant, de plus, beaucoup d'artistes ou techniciens doivent être prêts à se déplacer et faire des compromis quant à leur vie familiale. Ils seront moins nombreux à produire des spectacles et la menace de mort pèse sur des petites compagnies. Cet été, le monde du spectacle a profité des festivals pour que les spectateurs et les pouvoirs publics se rattachent à sa cause.

A Rennes, Les Tombées de la nuit, prévues début Juillet, n'ont pas eu lieu et laissé place à des débats devant le Parlement, où des comédiens, des marionnettistes, des musiciens et même le co-directeur de l'Aire Libre, témoignaient de leur quotidien et des changements qu'engendrerait la réforme. Dans la foulée, d'autres festivals ont aussi été annulé et l'impact économique du protocole d?accord aurait décidé le ministre,
Mr Aillagon, à reporter celui-ci à 2004.

La mondialisation touche peu à peu la culture et fait ses victimes. Le problème de l'abus subsiste car il faudrait aussi ne pas attribuer le statut d'intermittent à des secrétaires de Canal+.

Si l'objectif du gouvernement est de réduire le déficit, il se peut qu'il revienne de plus bel, la culture n'ayant jamais rapporté autant d'argent qu'elle en nécessite, du moins au théâtre ( alors que le cinéma semble en faire gagner, parfois). De plus, la finalité de la culture n'est pas économique.
Malheureusement, le taux de TVA réduit, qui reste une exception fiscale française, pourrait bien disparaître si le gouvernement poursuit dans cette optique d'uniformisation de la culture qui est ainsi favorisée...


 

 

 

 

 

LES GOTHS A RENNES
Dino
Octobre-Novembre 2003

8

 


Mais qui sont les goths ?

Etranges énergumènes affublés de ténébreux oripeaux, ces êtres tourmentés aux looks parfois incroyables parcourent la terre et semblent vouloir la colorer en noir corbeau. Tout le monde a vu ces garçons et ces filles diaphanes, souvent longilignes et couverts de clous, vêtu comme des dandys obscurs et vampirisés. Parfois médiatisés, leurs apparences extravagantes fascinent et entraînent parfois des assimilations erronées. A Rennes aussi, il existe une sorte de petite communauté gothique qui défend ardemment cette culture qui reste farouchement undergound.

Je me suis donc rendu pour vous et au péril de ma vie dans une soirée gothique pour aller chercher l?info sur le terrain. En effet, une soirée était organisée le samedi 4 octobre au Mondo Bizarro par la Villa Diodati, association qui tente de promouvoir la culture goth sur Rennes et sa région.

Deux groupes étaient invités.
Le premier, Spirale, a proposé une musique un peu différente de ce qui peut être généralement proposé dans le cadre de ces soirées :

ce groupe rennais qui génère un son violent et torturé au croisement du punk-rock, du grunge et du métal y fait figure d?ovni sympathique et réjouissant. Emmenés par la chanteuse Mia, qui sait se faire aussi bien âpre et violente que sensuelle voire érotique, c?est un groupe qui fédère et convainc : ils savent manipuler l?esprit sombre du goth en y ajoutant le côté réjouissant et efficace du punk. Les goths, pourtant peu enclins à l?expression effrénée de leur enthousiasme, se lancent même dans un début de pogo. Spirale?
Un groupe rennais à suivre, donc !

Le second groupe est plus authentiquement gothique : Cyanhide est une formation parisienne d?électrodark, très sombre et très nihiliste. Mais, paradoxalement, le groupe semble moins fédérateur. Peut-être moins original ?

Ce constat n?a rien de surprenant : contrairement à la plupart des autres mouvements musicaux, la culture goth ne s?attache pas à une sonorité particulière. Je m?explique : par exemple, la culture rastafari est liée aux sons jamaïcains, comme le reggae ou le dub ; la culture hip-hop est liée au rap ou, à la limite, au r?n?b ou à la nu-soul?
Chez les goths, rien de tel : tout ce qui est sombre est le bienvenu. De la pop cold-wave ( un peu comme Cure ) à l?indus-metal ( plus expéditif voire bourrin, comme Ministry ), en passant par l?électro-clash (sons métalliques et répétitifs typique des années 80, exemple : les prods du label Gigolo records ), et les musiques classiques ou traditionnelles, toute la culture goth est plus liée à un état d?esprit qu?à une musique en particulier. Du coup, on peut trouver plein de tendances différentes au sein du mouvement :


au Mondo Bizarro, cyber-punks et goth-médiévaux dansaient ensembles dans une fiesta surréaliste et inimaginable ailleurs.

D?ailleurs, être DJ dans une soirée gothique est une gageure : essayez donc d?assembler des beats binaires batcaves a des rythmiques indus déstructurées, a du gothic rock, voire même à de la tech hardcore ou du punk !

Quand on écoute les membres du mouvement goth, on se rend vite compte d?une chose : il s?agit d?un mouvement apolitique, pluri-culturel et finalement plutôt sympathique. Leur fascination pour des mondes de mort et de tourments éternels n?a rien de morbide. En y pensant bien, c?est plus une réaction, une rébellion face à une société qui nie la spiritualité et la part obscure de l?Homme, une société qui impose des tendances éphémères et un hédonisme consumériste qui, quand on y réfléchit bien, confine au nihilisme le plus total : notre monde ne croit plus en rien mais s?active désespérément dans une course effrénée à la surconsommation.

Pendant ce temps là, les goths esquissent une dernière danse de sabbat au Mondo Bizarro, pour marquer leur désapprobation? Et frimer avec leurs looks de oufs !
Parce que être goth, c?est aussi bien aimer la sape noire classe, le maquillage outrancier et les clous qui débordent de partout : être goth, c?est se mettre en scène. C?est quasiment du body art, quand on voit le résultat final !
Pas de publicité ici, mais vous avez tous vu ces boutiques rennaises qui proposent des bottes futuristes de malades mentaux ou ces frusques démentielles de cyber-punk sous influence psychotrope !
L?outrance et la provocation : voilà ce qui semble être les maîtres mots de la tendance goth.

Sur Rennes, la Villa Diodati milite en faveur de la culture goth. Mais il existait aussi d?autres vecteurs de diffusion du corbeau dans le bassin rennais : l?association La Sarabande a malheureusement disparu... La communauté goth sur Rennes n?ayant qu?un minuscule noyau dur, le devenir de ces structures est toujours en suspens, mais eux vous dirons qu?ils gardent bon espoir et ils continuent à voir l?avenir en noir.