Le gouvernement
se voile la face.
Zahira et Khadira
Mai - Juin 2003
 


Plusieurs voix s?élèvent depuis peu pour opposer la laïcité et les valeurs républicaines au port du foulard islamique à l?école.

Mais pourquoi ce débat ressurgit il alors le Conseil d?Etat indique que le port du foulard islamique par les élèves dans les établissements scolaires n?est pas en lui-même incompatible avec le principe de laïcité, tant qu?il n?est pas accompagné d?un comportement prosélyte ou propagandiste ?

De plus, la polémique éclate alors que le nombre de jeunes filles voilées dans les établissements scolaires demeure constant.

Pendant ce temps, le gouvernement supprime 25600 postes: surveillants , aide éducateurs , personnel ATOSS et enseignants et la décentralisation libérale renvoie des postes clefs de notre système éducatif tels que les assistants sociaux, conseillers d?orientation psychologues et médecins scolaires à être gérés selon des priorités régionales.
N?est ce pas cela qui met en péril l?école de la République ?

La polémique du foulard n?est qu?un écran de fumée, permettant au gouvernement de faire passer ses nouvelles mesures. On se focalise sur un faux problème. C?est bien une politique démagogue du gouvernement puisant ses sources dans les préjugés et les peurs existant chez les citoyens français vis-à-vis de l?islam et des musulmans.
Cet islam que l?on nous présente aujourd?hui, sous l?éternel lendemain du 11 septembre, comme violent, meurtrier, facteur du terrorisme.
Rejoignant la logique sécuritaire, cette politique stigmatise les filles voilées et les présente comme dangereuses pour les valeurs de la République.

La solution serait-elle la répression ?
Si des problèmes de violences et de discriminations existent certes à l?école, ils ne seront pas résolus en interdisant le foulard et en faisant comme si l?effacement de tout signe extérieur exprimant une conviction conduirait à la tolérance. Bien au contraire, si ce n?est pas à l?école que l?on acquiert le respect de son camarade athée, chrétien, juif ou musulman, où pourra-t-on l?acquérir ?

Oui, la laïcité est fondamentale et doit être appliquée de façon juste et égalitaire, dans le respect de chacun. La loi de 1905 précise que " la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes [?] (art.1). La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, [?] seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons ". (art.2).

Elle assure la neutralité de l?état et de ses institutions vis-à-vis d?un culte quel qu?il soit du fait qu?elle ne le finance pas et garantit une expression et une pratique égalitaires de toutes les religions. Une révision de cette loi n?est en aucun cas nécessaire, la pratique de l?islam n?étant donc pas incompatible avec le principe de laïcité.

Interdire le port du foulard à l?école n?est pas une solution. Cela pousserait les musulmanes soit à être privées d?école, soit à se replier sur elles-mêmes et entraînerait le pire des communautarismes: musulmans entre musulmans, dans des écoles musulmanes..

 

"Si des problèmes de violences et de discriminations existent certes à l?école, ils ne seront pas résolus en interdisant le foulard et en faisant comme si l?effacement de tout signe extérieur exprimant une conviction conduirait à la tolérance".

" Je suis musulmane et je suis citoyenne française? "
Kaya / Mai-Juin 2003
 


La question du port de foulard à l?école, est un sujet qui divise. Des avis divergent : certains pensent que l?introduction des signes religieux dans un établissement d?enseignement public n?est pas compatible avec les principes de la loi du 9 décembre 1905, d?autres affirment que c?est le comportement adopté par les pratiquants qui va à l?encontre de la laÏcité.


Nées en France, Zahra et Khadija, deux jeunes femmes de confessions musulmanes, nous livrent sciemment leurs témoignages sur cette question du port de foulard à l?école de la République.

ZAP : Aujourd?hui, la question du port de foulard à l?école est un sujet polémique, qu? en pensez vous ?

Khadija : Je pense que c?est une stratégie politique menée par le gouvernement pour cacher derrière cette histoire du port de foulard, à l?école autre chose.
Zahra : On peut se demander au vue de la situation sociale du moment , pourquoi la polémique ressurgit. On se rend très vite compte que cette question est évoquée de manière à ne pas traiter les vrais problèmes qui se posent actuellement en ce qui concerne l?école à savoir les suppressions de postes, la décentralisation...

ZAP : Le gouvernement, dans son combat contre le port de foulard islamique à l?école, cherche à éviter, dit-il une forme de communautarisme. Que pensez-vous de cette position des autorités ?

K : Le gouvernement dit effectivement vouloir prévenir des crispations communautaristes en interdisant le port de signes religieux à l?école et notamment le port du foulard. Mais il me semble que le communautarisme, avant d?être religieux est économique et social. Ce n?est pas normal qu?on aie une telle différence entre un lycée de banlieue et un lycée de centre ville.
Z : De plus, interdire le foulard reviendrait à créer un communautarisme : les jeunes filles qui refuseraient de retirer leur foulard se verraient dans l?obligation de quitter l?école( publique en tout cas).
Leur fermer les portes de l?école les mènerait à se replier sur elles mêmes.

ZAP : L?école laïque consacrée, en 1905, se veut une école sans Dieu. Un lieu d?émancipation universelle. Comment définissiriez-vous le rôle de l?école ?

Z : L?école doit avoir pour rôle d?enseigner la tolérance, sans occulter la religion. je crois qu?elle doit enseigner le fait religieux , car comment tolérer l?autre sans le connaître ?
K : Ce n?est pas dans la rue qu?on va apprendre la tolérance. C?est un réel défi pour l?école. Tout ce qu?on demande, c?est d?avoir une école juste et, qui respecte le droit à l?instruction pour tous et pour toutes.

ZAP : D?après, les principes de la loi de 1905 relatifs à la séparation des Eglises et de l?Etat, l?école est laïque et est un lieu où les gens doivent avoir les mêmes enseignements, qu?ils soient athée, juif, catholique, musulman, protestant etc?Que diriez-vous de cette conception de neutralité religieuse, par rapport au port du foulard ?

K : C?est la neutralité du personnel enseignant, et non pas celle des élèves que l?on accueille qui est exigée . C?est l?institution qui doit être neutre, c?est-à-dire qu?elle ne va ni enseigner, ni imposer la philosophie ou les principes de telles ou telles religions. Mais elle doit permettre à chacun de s?exprimer.
Z : La décision du Conseil d?Etat est une jurisprudence équilibrée sur cette question. En se basant sur la loi de 1905, cette décision précise que ce n?est pas le port de foulard en lui-même qui porte atteinte au principe de laîcité il devient un signe ostentatoire que s?il est accompagné d?un comportement de prosélytisme.

ZAP : Dans la culture musulmane, le port de foulard islamique est sacré. Quelles sont ses raisons d?être ?

Z : C?est d?abord un acte de foi lié à une spiritualité. Porter le foulard a beaucoup de significations, les raisons principales sont avant tout une foi et d?une certaine pudeur. C?est-à-dire le fait de couvrir le corps pour ne pas être un objet, pour ne pas être prise en compte, que pour ses attraits physiques, mais avant tout par son esprit, son intellect..
K :C?est une forme d?émancipation féminine car il assure que l?on ne va pas utiliser le corps d?une femme comme un objet, ou comme une marchandise, mais on va toujours respecter une femme en tant qu?individu, par son caractère, ses pensées, avant de mettre en priorité son corps et ses attributs physiques. Il y a aussi les rapports hommes ? femmes au quotidien, c?est-à-dire se côtoyer tout en restant pudique.
Z : La question de foulard islamique est souvent mêlée à la question de soumission de la femme. Le port du foulard est notre façon de nous émanciper en ne voulant pas être réduites qu?à un corps. On peut se considéré féministe tout en portant un foulard. Il n?y a pas un idéal de féminisme, il est possible d?exprimer le féminisme de diverses façons.

ZAP : N?y a-t-il pas une idée de soumission de la femme dans le fait de porter le foulard islamique ?

K : Il existe bien sûr, des abus, et c?est valable dans toute idéologie et toute société. Par rapport à la soumission de la femme, c?est le comportement de l?homme qui peut être culturellement machiste. Mais, ce n?est pas la religion en elle-même qui veut soumettre la femme, au contraire, le foulard vise à l?émancipation de la femme, à ce que la femme soit respectée en tant qu?un individu. De plus l?islam défend l?égalité homme-femme. C?est une déformation de la religion !

ZAP : Comment vivez-vous la culture musulmane en Occident ?

K : On lutte tous les jours pour prouver que notre foi et notre vie sociale et citoyenne ne sont pas contradictoires. On peut parfaitement être une citoyenne engagée et une musulmane pratiquante.
Z : Depuis le 11 septembre 2001, on ne présente l?islam qu?à travers le terrorisme, la condition des femmes en Afghanistan par exemple ?bref de façon négative. On oublie que l?islam est une religion de paix et que ce n?est pas seulement une importation de l?extérieur. Il y a un Islam de France et il n?est pas contraire aux lois de la république. Je suis musulmane et je suis citoyenne française. Vivre ma religion dans une telle diversité est une richesse.

 




Demande d?asile ?
Un kurde rennais assassiné
en Turquie.
Julie.D / Mai-Juin 2003
 


C'est l'histoire de Siddik Kaya. Une histoire pas si exceptionnelle que ça, puisqu'elle aurait pu être celle de beaucoup d'autres Kurdes.

Siddik Kaya est originaire d'un village de Turquie : Karapinar. Il arrive à Rennes chez son cousin Mehmet en 1990, dans le quartier de Cleunay. Deux ans plus tard, après avoir été débouté du droit d'asile, notre terre d'acceuil qu'est la France le réexpédie en Turquie.

De retour à Istanbul, il est maintenu en garde à vue pendant quarante jours, torturé puis incarcéré à Varto quatre mois. Cen'est qu'ensuite qu'il pourra retourner dans son village natal. A l'époque, l'armée turque place " des protecteurs de village " dans les montagnes kurdes. Ce sont des sortes de " colabos " qui surveillent le va et vient des habitants pour démanteler la guérilla séparatiste (rassemblée par le PKK, le parti des travailleurs).

Karapinar refuse cette collaboration et en payera les frais. En 1994, l'armée y incendie des maisons, execute des hommes et en maltraite d'autres. Tekdemir, le père de Siddik, aura la langue brûlée pour avoir dit qu'il ne parlait que le Kurde. Siddik, resté de force sans chaussures dans la neige une journée entière, sera amputé partiellement d'un pied. 3500 villages connaîtront un sort équivalent. Des familles prospères qui vivaient de l'élevage se retrouvent sans rien. Diyarbakir,la capitale du Kurdistan Turc, voit sa population doubler par l'arrivée de réfugiés dans les bidonvilles.
D'autres partent pour l'étranger (c'est ainsi que parmi la comunauté Kurde de Rennes, beaucoup sont venus de Karapinar après ces événements). Siddik, quant à lui, reste au village auprès de son vieux père, malgré les pressions dont il est victime. En 2002, il craint que son autre pied ne soit affecté par la gangrène. Il doit se rendre chez un médecin à Erzerum. Pour cela, il lui faut se procurer un laisser passer auprès de la police (l'armée contrôle la délivrance des médicaments qui pourraient être acheminés vers la guérilla). Le 20 novembre, Siddik arrive affolé chez sa soeur, qu'il quitte après avoir reçu un appel d'un officier de police. Dix minutes plus tard, en France, Mehmet, voit s'afficher sur son portable le temps d'une sonnerie le numéro de Siddik. Il tentera en vain de le recontacter .

On n'avait plus de nouvelles de Siddik Kaya jusqu'à ce qu'il y a un mois (le 24 avril dernier) , des enfants retrouvent son corps au bord d'un fleuve, une balle dans la tête. Le corps, d'abord emmené à la morgue locale, est transféré de nuit à Istanbul.
La famille à du le racheter pour l'enterrer à Karapinar. Il n'y aura sans doute pas de rapport d'autopsie. Aujourd'hui à Rennes, le fils et les frères de Siddik n'ont toujours pas réussi à obtenir le droit d'asile. Pourtant en Turquie, la situation des Kurdes ne s'améliore pas, bien qu'ils représentent un cinquième de la population. Leur niveau de vie est douze fois inférieure à celui de l'ensemble du pays, et ils sont montrés du doigts pour avoir sali l'image des Turcs.

Le chef du PKK, Abdulah Ocalan, arrêté en 1999 a officiellement demandé à la guérilla de stopper sa lutte armée. Mais il est certain que beaucoup de jeunes partent encore dans les montagnes soutenir le mouvement de résistance. Certes, en Août de l'année dernière le gouvernement abolit la peine de mort et autorise l'enseignement du Kurde. Un effort de façade pour tenter d'entrer dans l'Europe. Quelque temps plus tard, le parti pro-kurde HADEP est interdit. Jolies contradictions.



A quoi sert donc l'existence du droit d'asile,
quand on renvoie des êtres humains se faire assassiner chez eux ?

Paix au Proche-Orient :
Rêve ou réalité
Régis / Mai-Juin 2003
 


Les récentes négociations autour d?un plan de paix dans la région devraient aboutir à la création d?un état Palestinien. Mais, la route est encore longue?

Ce Dimanche 25 Mai devrait rester un jour mémorable dans l?histoire tourmentée des relations " israélo-palestiniennes ". Sous la pression américaine, Ariel Sharon a fini par adopter l?idée du plan de paix que lui proposait la communauté internationale, ouvrant ainsi les portes à une série de pourparlers entre le premier ministre Israélien, son homologue palestinien Mahmoud Abbas et George Bush, dans le but de régler définitivement ce conflit cinquantenaire.

Pourtant, il n?était pas aisé d?imaginer qu?Ariel Sharon, intransigeant leader du Likoud ( droite israélienne), pouvait accepter cette fameuse " feuille de route ", tant ses interventions publiques sur ce sujet laissaient présager le contraire. Proposé par le quartet (USA, Russie, ONU et UE) fin Avril, ce processus de paix prévoyant la création d?un état Palestinien dans ses frontières définitives en 2005, n?a même pas été évoqué par Mr Sharon lors de la tournée de Colin Powell au Proche-Orient. De plus, il est de notoriété publique qu?une vaste majorité des membres du Likoud est foncièrement opposé à la création d?un Etat Palestinien autonome, mettant en avant le concept d?un " grand Israël ".

Le principal problème de cette " feuille de route " réside dans le fait que chacun des deux camps laisse à son voisin l?initiative de réaliser le premier pas, alors que le texte stipule que les protagonistes se doivent de gravir ensemble les marches qui mènent à la Paix. Echaudée par un conflit interminable, une large part des opinions publiques n?est pas prête à accepter les concessions relatives à la première étape de ce plan de Paix. Du côté palestinien, malgré les injonctions du tout nouveau premier Ministre, Mr Abbas, pur produit de cette tentative de renouveau, les groupes armés (Hammas et Djihad Islamique) refusent catégoriquement de désarmer si l?Etat Israélien ne se résout pas à se retirer de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Réciproquement, le gouvernement Israélien refuse de faire le moindre geste tant que des groupes armés susceptibles de perpétrer des attentats sur leur territoire subsisteront. Alors, l?intervention de l?inévitable Georges W. Bush, qui veut décidément tout faire pour pacifier cette région, ne paraît-elle pas la meilleure façon de forcer le destin au Proche-Orient et d?y établir une paix durable ?

Hélas, il semble que cette intervention diplomatique unilatérale (puisque de toute façon, le gouvernement Israélien ne souhaite traiter qu?avec les Etats-Unis), portant la marque d?une administration Bush qui se sent pousser des ailes après sa " victoire irakienne ", aura du mal à entériner durablement la paix dans la région, et cela pour deux raisons principales.

Tout d?abord, le texte n?est pas suffisamment rigoureux et précis pour que chacune des parties puisse l?appréhender avec le même regard. En effet, pour adopter cette " feuille de route ", Ariel Sharon a posé quatorze réserves parmi lesquelles figurent la nécessité de résultat du gouvernement palestinien dans la lutte contre les groupuscules radicaux, le démantèlement du calendrier, la limitation de la souveraineté palestinienne dans le cas de la création d?un Etat Arabe, et surtout l?impossibilité pour les 3,6 millions de palestiniens réfugiés de réintégrer le territoire Israélien. Même si on a assuré à Mahmoud Abbas qu?il ne fallait pas tenir compte de ces exigences Israéliennes, on peut cependant d?ores et déjà voir ces dernières comme un signe annonciateur des difficultés que pourrait rencontrer le plan de Paix dans son application concrète.

Et, outre ces considérations purement diplomatiques, puisqu?il s?agit de s?accorder sur un texte, aucune des opinions publiques, qu?elles soient Israéliennes ou Palestiniennes, ne paraît être enclin à une conciliation. Encore marquées par l?échec du protocole d?Oslo, et en prise directe avec la recrudescence des violences qui secouent la région depuis maintenant 3 ans, les populations ne soutiennent pas massivement leur gouvernement dans leur démarche pacifique (si toutefois c?est réellement leur volonté?). Dénigrant un Mahmoud Abbas, soupçonné d?être un jouet aux mains des Israéliens (et par extension aux Américains), la population Palestinienne continue à soutenir massivement le chef de l?autorité palestinienne, Yasser Arafat, désormais hors du jeu diplomatique. De son côté, Ariel Sharon, fragilisé par les critiques émanant de son propre Parti, est en proie à d?acerbes critiques de la part des Colons. Et cela, comble d?ironie, sans que les pacifistes israéliens, désabusés par tant d?années de vains combats, ne se fassent d?illusions quant au brusque revirement de leur Premier ministre.

Faut-il alors vraiment se réjouir de l?engagement de pourparlers ? On peut raisonnablement le penser, tant les négociations et autres discussions constituent indubitablement les meilleures alternatives à la violence. Mais, les gouvernements devront tâcher cette fois d?aboutir à des résultats probants. Ils devront se montrer conciliants s?ils ne désirent pas qu?un nouvel échec diplomatique n?attise les ranc?urs des populations d?une région où la violence est devenue routinière.

Après réflexion, peu de choses nous confinent à l?optimisme quant à la résolution du conflit Israélo-Palestinien. Et pourtant l?espoir d?une perspective heureuse constitue sûrement le meilleur instrument de paix.

 

"Echaudée par un conflit interminable, une large part des opinions publiques n?est pas prête à accepter les concessions relatives à la première étape de ce plan de Paix."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A QUAND LA RETRAITE ?
Julie.R / Mai-Juin 2003
 


Le projet de réforme des retraites, associé à François Fillon, ministre de l'emploi et de la solidarité, et à Jean-Pierre Raffarin,
premier ministre, se heurte à
la "France d'en bas".

En effet, le gouvernement veut fixer la durée de cotisations à 40 ans pour tous en 2008 et à 42 ans en 2020

Les actifs du secteur privé ont déjà fait des concessions en passant de 37,5 annuités à 40 en 1993, mais, le secteur public réagit mal quand on touche à ses intérêts: les fonctionnaires se mettent en grève.

Ce qui se passe met en relief le décalage entre ces 2 secteurs; les employés de l'état, qui ne cotisent encore que 37,5 annuités, vont devoir s'aligner sur le secteur privé. Il est temps que tous aient une même durée de cotisations à payer pour bénéficier d'une retraite à taux plein. De plus, les cotisations des salariés du privé permettent de financer les retraites du public, mais pas l'inverse. La mondialisation a lancé certaines entreprises sur le marché de la bourse, où elles ont pu s'agrandir en rachetant des sociétés, ou en devenant actionnaires de certaines. Mais, parallèlement à cela, les patrons se sont enrichis, et pour tirer profit de leurs bénéfices, ont licencié massivement.
Alors que les jeunes voient se profiler le problème des retraites de leurs parents, la France compte 3 millions d'actifs inoccupés et 2 millions de personnes non déclarées chômeuses (Rmistes, stagiaires..).

Ceci paraît paradoxal:
le gouvernement ne demande t' il pas à ce que l'on travaille plus mais que fait-il pour maintenir les emplois ?

Il semble que l?avenir des jeunes soit dans l'armée ou la fonction publique à cause des départs en retraites ! Mais, notre pays s'enlise...

Des jeunes continuent leurs études mais n'ont pas d'emploi à la sortie. La recherche d'emploi devient difficile, l' ANPE est dépassée par la perpétuelle mutation des secteurs d'activités et la situation économique instable, amenant des entreprises à proposer des emplois sur internet.

Plus étonnant chez nos voisins britanniques, une entreprise a licencié ses salariés par sms. (Espérons que ce phénomène ne traverse pas la Manche!).
Les Français ne peuvent communiquer avec le gouvernement que par la grève et à l'aide des médias.


La CFDT, représentée par François Chérèque, a qualifié le projet de "compromis acceptable". La CGT, quant à elle, ne baisse pas les bras dans le but de négocier la réforme. Le secrétaire général, Bernard Thibaut, a continuellement fait appel à la grève, depuis le mois de Mai, et les grévistes sont allés jusqu'à incendier les bureaux du MEDEF, le vendredi 6 juin. La CGT souhaite que tous puissent partir dès qu'ils auront cotisé 37,5 ans ou lorsqu'ils auront 60 ans, voire 55 ans comme les cheminots ( dont la fédération CGT, conduite par Didier Le Reste, est très importante).

Mais, les mécontents sont également représentés par d'autres syndicats, tels que FO, la CFTC, Unsa, Sud et les militants CFDT, hostiles à la ligne de leur confédération. Selon le COR, Conseil d'Orientation des Retraites, les cotisations patronales doivent augmenter progressivement pour résoudre une partie du problème du baby-boom des années 60.

Les retraites du privé sont uniquement gérées par les syndicats et le patronat, et, c'est la première fois qu'une négociation entre le gouvernement et les syndicats fait l'objet d'une loi.

Le risque est celui d'un système de privatisation des retraites... et du système de protection sociale attendu pour Septembre, même si le ministre de la santé, monsieur Mattei, ne souhaite pas ceci !

Après le 10 Juin, la réforme des retraites ne pourrait plus faire l'objet de négociations.

Le peuple ne mériterait il pas un référendum pour statuer du sort de l'état providence, caractéristique du pays des droits de l'homme ?

 



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MOUVEMENT ENSEIGNEMENT:
COLERE ET INCOMPREHENSION
Régis / Mai-Juin 2003
 


Face aux man?uvres habiles du gouvernement, les enseignants ont du mal à se faire entendre. Et pourtant?

Alors que la fronde enseignante a débuté 3 semaines en amont, c?est seulement en ce 19 Mai que l?opinion publique commence à être sensibilisée à la cause enseignante. Cependant, la confusion est encore grande sur les tenants et les aboutissants de cette action d?envergure menée par des enseignants plus que jamais déterminés.

Si l?on s?en tient à l?image que nous renvoient les médias, une frange importante de la population s?offusque de la révolte de ces apparatchiks du système qui s?arc boutent à défendre leurs prérogatives en terme de retraites : 37,5 annuités de cotisation, et de multiples avantages. Ces accusations, qui participent à véhiculer l?image du corps professoral et de toute la fonction publique en général, dans la société, ne sont pas outre mesure inquiétantes, car séculaires et sujettes à débat (débat qui, par ailleurs, devrait tourner à l?avantage des fonctionnaires qui bénéficient d?avantages en contrepartie d?une rémunération adaptée). Mais, elles mettent l?accent sur l?ignorance d?une part non négligeable de la population du véritable contenu des revendications enseignantes.

La décentralisation, voilà ce qui pousse aujourd?hui une grande majorité du personnel enseignant à se montrer si virulent dans son action. Bien sûr, la question des retraites est aussi à l?ordre du jour, mais la réelle angoisse est ailleurs. C?est la peur de voir les collectivités locales s?accaparer la gestion de 100 000 fonctionnaires non enseignants attachés aux établissements scolaires (conseillers d?orientations, médecins scolaires), ouvrant la porte au démantèlement d?une éducation nationale censée être garante du principe d?égalité.


où les différences sont grandes entre les riches écoles privées et les établissements publics en pleine déliquescence. Voilà ce qui fait réellement descendre le corps enseignant dans la rue.

Mais, si ce problème si important , puisque touchant directement à l?avenir des générations futures, n?est pas aujourd?hui plus largement perçu, c?est avant tout grâce au brio du gouvernement Raffarin. En lançant vaguement le projet de décentralisation quelques semaines avant l?intervention du très médiatique François Fillon, le premier ministre savait éperdument que les voix qui allaient s?élever contre ce projet iraient s?évanouir au milieu du grand débat sur les retraites. Ainsi, en permettant à l?amalgame de se réaliser, Matignon pouvait alors facilement marginaliser le corps enseignant, d?autant plus s?il menace de s?en prendre au bon déroulement des examens.

Cependant, les enseignants ne sont pas prêts à baisser les bras sur un tel dossier, et c?est même en notre devoir de les soutenir sur ce point. Face à un tel gouvernement, il ne s?agit pas de se satisfaire de concessions superficielles, et le récent comité interministériel sur l ?éducation semble avoir fait office d?artifice, tant ses résultats ( création de groupes de travail, et rééchelonnement du calendrier des transferts de personnel) ont été insignifiants. Mr Raffarin pense t-il sans doute que la période des examens va remettre les responsables enseignants dans le droit chemin, mais à trop en vouloir, il pourrait bien s?exposer à des difficultés.


"C?est la peur d?une dérive libérale qui nous entraînerait pas à pas à l?adoption d?un système scolaire de type anglais
( ou américain)"

Les recettes du professeur Raffarin
Régis / Mai-Juin 2003
 

En cette fin de mois de mai, alors que la tension sociale est à son apogée , fleurit dans nos quotidiens une bien curieuse publicité. " Squattant " les emplacements habituellement réservés aux annonceurs " classiques ", le gouvernement vante les mérites de sa réforme des retraites.

Cette action marketing, si singulière soit elle, n?est pourtant pas étonnante de la part du gouvernement Raffarin. En effet, le premier ministre, flanqué de son équipe de choc, sait parfaitement user des médias pour faire passer des messages clairs, épurés, et toujours emprunts d?optimisme. Une stratégie qui lui a déjà permis de faire admettre à l?opinion publique quelques unes de ses mesures conformes à sa doctrine libérale (n?oublions pas qu?il est originaire de Démocratie Liberale ) :
la révision des 35h, ou encore l?abaissement du remboursement de 600 médicaments par exemple.

Cependant, la mobilisation sociale face au projet de réforme des retraites dont s?occupe l?impeccable ministre des affaires sociales, François Fillon, oblige le professeur Raffarin ( il donna des cours de marketing politique à science-po !) à jouer plus serré . Alliant consensualité et fermeté dans ses interventions médiatiques, il tente de s?accaparer l?opinion publique, tout en excluant la renégociation d?un projet bien décrié. C?est à ce moment, qu?il juge nécessaire de dilapider quelques 25 millions d?euros dans une campagne publicitaire dont l?objectif est de rassurer les consommateurs , puisque c?est dans cette optique qu?il semble voir les français, juste avant la présentation du projet Fillon au conseil des ministres.

" Retraites. Avec un effort ensemble, on s?en sort. " Espérons pour notre cher premier ministre que la solidarité soit toujours un thème vendeur en ces temps difficiles.


 

 

 

 

LE COMMERCE EQUITABLE
Mai-Juin 2003
 


"Un gage d'échanges et de partages entre humains, dignes de ce nom"

Un bilan alarmant
Aujourd?hui, notre situation de pays " riche " se dégrade.
Les plans sociaux, les licenciements de masse, les emplois précaires se multiplient. Mais cette situation n?est que le reflet d?une dégradation inquiétante de l?ensemble du système économique mondial. En effet, les producteurs du monde entier sont désormais esclaves, et trop souvent victimes, des fluctuations boursières, des institutions internationales et des catastrophes naturelles à répétition.
A l?origine de ce bilan désastreux, un seul coupable, le commerce dit " traditionnel " qui privilégie les actionnaires, au mépris de l?environnement, des consommateurs et des producteurs.

Un consommateur mal informé
L?ennui, c?est que nous autres consommateurs, livrés en pâture à la grande distribution et à son matraquage publicitaire, nous achetons nourriture, boissons, meubles, fringues? sans réellement savoir où et comment ils sont produits.
Par exemple, ces statuettes de style africain ou oriental que l?on achète pour quatre fois rien dans des boutiques au look exotique.
- Qui nous dit que des enfants ne bossent pas jour et nuit pour les fabriquer ?

- Qui nous dit que l?on n?abat pas illégalement des forêts pour se fournir en matière première ?

- Qui nous dit que la vente de ces produits assure un train de vie décent aux familles des producteurs ?

- Qui nous dit qu?il n?y a pas des dizaines d?intermédiaires à se servir au passage ?

A vrai dire, rien? ou presque, si l?on tient compte des quelques étiquettes collées sur les étalages.

Revenir à un commerce équitable
Equitable ? Si l?on regarde dans le dico, on peut lire " vient du latin aequitas qui veut dire égalité " Car le commerce ne s?est pas toujours limité à sa plus simple définition, c?est à dire le négoce, l?achat et la vente de marchandises. A l?origine, le commerce impliquait un échange de cultures et de connaissances. Les relations sociales jouaient un rôle prédominant dans ce partage des biens entre populations.

Mais au fil des siècles, à trop vouloir simplifier le système, on ne s?est plus préoccupé que des chiffres et le profit a pris le pas sur l?homme et son environnement. Il ne faut pas oublier que l?argent est sensé faciliter les échanges et non les domestiquer. D?où le besoin aujourd?hui d?ajouter équitable derrière " commerce ", afin de renouer avec le sens originel du mot. A notre niveau de simple consommateur, cela revient à ne plus acheter moins cher, mais à acheter plus humain.

Mais où ? et comment ?
Il existe un site www.commercequitable.org sur lequel sont référencés les points de vente du commerce équitable de France et d?ailleurs. Il existe des labels qui nous assurent du respect des droits de l?homme dans la production de certains produits comme le café moulu, le thé en sachet, le jus d?orange ou le miel. Le label MAX HAVELAAR, entre autres, garantit actuellement un avenir serein à près de 800 000 familles de petits producteurs à travers le monde.

Une charte pour le commerce équitable a également été rédigée qui implique une traçabilité des produits, une réduction importante, voire une élimination des intermédiaires, un souci et un suivi constant du devenir des familles de producteurs (scolarisation des enfants, conditions de vies décentes?). Tout est mis en ?uvre pour donner le choix au consommateur, même une campagne de sensibilisation annuelle " La quinzaine du commerce équitable " : deux semaines d?informations, de dégustations et de découverte dans toutes les villes de France, durant le Printemps. A Rennes, sinon, deux boutiques sont à retenir, la boutique Artisans du Monde, rue Hoche, près du Parlement, et l?Archipel, près de la station de métro Anatole France.

Encore trop d?inégalités recensées
Bien sûr, il serait prématuré de dire que l’avenir appartient au commerce équitable, car la concurrence est rude et l’appât du gain toujours tentant. La situation politique instable de certaines régions du monde, comme l’Afrique et le Proche Orient, réduisent à néant les efforts déjà entrepris. En parallèle, la Bretagne et l’Amérique du sud sont des secteurs phares, même si les petits producteurs ne sont encore qu’une minorité à franchir le pas. D’autres signes sont encourageants, comme le fait que des producteurs, de plus en plus nombreux, orientent désormais une partie de leur production vers le commerce équitable et bradent, malheureusement, encore le reste. A savoir que si le commerce équitable tient tête aujourd’hui, c’est surtout grâce à ses millions de bénévoles qui, de par le monde, s’investissent énormément pour construire ce monde solidaire dont ils rêvent. Pourront-ils tenir longtemps ? Le bénévolat connaît déjà ses limites en France (population vieillissante, priorité à l’emploi pour les jeunes vu la précarité du travail…) " Pour que leurs efforts ne demeurent pas vain, nous explique Françoise Lavoix de la boutique Artisans du Monde, et qu’à l’avenir, du producteur au vendeur, tous les acteurs du commerce équitable puissent justifier d’un salaire décent, il ne tient qu’à nous, les jeunes, de construire le commerce de demain ".

 


 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Artisans du Monde

8 rue Hoche
35000 Rennes
02.99.27.05.08

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61, rue Victor Hugo
93500 PANTIN,
01.48.91.20.75
[email protected]

 

LE PARCOURS DU COMBATTANT SANS PAPIERS
Julie.D
Mai-Juin 2003
 


Pendant le Forum social de Rennes (du 14 au 18 mai), le Collectif d?aide aux personnes sans papiers organisait place Sainte Anne un jeu informatif : "Le parcours d'un Sans Papiers". Une façon ludique et pertinente de prendre connaissance de multiples problèmes que rencontrent ces personnes. Voici le récit de mon périple dans la peau d?un des leurs.

"Je suis Algérien. Dans mon pays, je suis musicien, mais le GIA a dénoncé le style de musique que je pratique. J'ai demandé l'asile Territoriale, mais on me l'a refusé. Je voudrais travailler ici en pratiquant mon art." Voilà mon rôle définit, expliqué sur un sous-bock tiré au sort. Un cas parmi beaucoup d'autres. " Débrouille toi à présent, me dit-on, comme dans la vraie vie. "Je me dirige tout d'abord vers la cabane "Asile Politique". On m'y explique que l'asile politique concerne les personnes persécutées par le gouvernement de leur pays. Dans mon cas, il est donc inutile de faire une demande.

Je continue donc mon errance à la recherche d'une quelconque aide. Lorsque soudain, une main se pose sur mon épaule: " contrôle d'identité s'il vous plait! ". Mon interpelleur ne rigole pas, il menace de m'enfermer dans sa cabane en bois (c'est la cabane PAF, Police de L'Air et des Frontières). A force de parlementer, mon "CRS" devient un peu plus aimable. Il me conseille de ne plus jamais circuler seul sans papiers et m'indique le chemin de "l'aide juridique gratuite". Là-bas, j'apprends que pour avoir une carte de séjour et travailler il me faut une promesse d'embauche en CDI (contratà durée indéterminée). Dès lors je dois chercher un employeur. (il faut compter au minimum six mois dans la vie réelle). Six mois imaginaires plus tard, avec ma promesse d'embauche inscrite sur un petit post-it, je me rends vers la maison ANPE ; DDTE (Direction Départementale du Travail et de l'Emploi).
Et tout devient très très compliqué !

Voici les démarches peintes sur le mur :

1. Votre futur employeur doit aller à la DDTE pour retirer un dossier. Les frais de dossier sont d'un mois de salaire. Ce qui annonce sans doute que vous commencerez par travailler un mois sans rémunération.

2. A cause de la préférence Nationale, l'employeur doit déposer une annonce pour le poste qu'il vous propose durant cinq semaines à l'ANPE ( au cas où il trouverait plutôt un ou une français(e)) Cinq semaines plus tard, l'ANPE tamponne et donne son avis. La DDTE donne aussi son avis, et ensuite, c'est la préfecture qui décide. Elle refuse (vous êtes trop irrégulier ou pas assez exceptionnel) ou elle donne son accord (et vous délivre une carte de séjour temporaire salarié pour un an, renouvelable tant que le contrat dure).

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La promesse d'embauche ne résiste que très rarement aux cinq semaines, et pour que la DDTE donne un avis positif, il faut que le patron vienne faire pression. Ici on "fait mine que", alors bien chanceuse avec mon "accord DDTE post-it", je peux passer à l'étape suivante : la préfecture. Et devant la préfecture bien-sûr, c'est la queue! Lorsque enfin vient mon tour, on me tend avec réticence et sans aucune politesse une convocation pour dans un mois. Au moins avec ce bout de papier (récépissé de demande de carte de séjour), aucun méchant CRS ne pourra m'enfermer, paraît-il.

Ayant devant moi un mois, je décide de me trouver un logement. Je n'ai pas le droit d'asile, je ne peux donc pas obtenir une place dans un foyer CADA (Centre d'accueil pour demandeurs d'asile). Je dois m'adresser à des foyers (comme le foyer Liwyst à Rennes), mais mon informatrice a peu d'espoir concernant mon cas. Je refais donc la queue pour la préfecture (de plus en plus longue visiblement !). Cette fois, il y a de l'animation devant la cabane : quelques manifestants réclament leurs cartes de séjours. La police, appelée en renfort par la responsable des lieux, aura vite fait de ramener l'ordre.
Ca y est, c'est enfin à moi.

Et c'est la déconfiture la plus totale : la personne s'occupant de mon dossier est soi-disant absente, je dois revenir dans trois semaines !Je refais donc la queue pour la préfecture. J'y rencontre une Algérienne, un Malien qui s'est marié pour pouvoir rester en France, un Tunisien qui vient réclamer la naturalisation française. Tous dans la même galère ! Interrompant la conversation, une voix aigrelette retentit : "Les bureaux ferment dans un quart d'heure. Le dernier client sera pris à moins dix. Les autres, vous pouvez partir !" On s'y croit vraiment. Mon dossier étudié, on m'accorde une autorisation de travail pour deux mois. Maigre sursis, dans deux mois le combat reprend. Mais je n'irai pas me plaindre, d'autres moins chanceux, se s'ont vu remettre un arrêté de reconduite à la frontière. Comme dit le carton ficelé sur un lampadaire :

"Avec Sarko Voyages, partez sans bagages".



Mad Le Maudit

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