Véronique Gouret, coordinatrice de la Coix Rouge de Rennes.
Fabienne / Jan-Fev 2003
 


Zap:Quelles aides apportez-vous aux réfugiés ?

Véronique Gouret: A la Croix Rouge, lorsqu'un réfugié s'adresse à nous, nous lui proposons quatre services. Tout d'abord, une domiciliation administrative qui va lui permettre de commencer ses démarches administratives auprès de la préfecture, notamment pour l'obtention d'une autorisation de séjour. Il peut aussi recevoir son courrier personnel, comme, par exemple, celui de sa famille qui est restée au pays. Cette démarche est gratuite et se passe dans nos locaux de Rennes. Le réfugié transmet ainsi son adresse aux établissements et aux administrations qui le demandent. Dans un second temps, pour obtenir son statut de réfugié, ils vont devoir ?plaider sa cause? auprès de l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides). Or, certains de nos demandeurs ne parlent pas français et, parfois, ne savent ni lire, ni écrire. Dans ce cas, nous proposons des ateliers d'illettrisme. Enfin, du point de vue matériel, le réfugié peut bénéficier de l'épicerie sociale et de la boutique vêtements de la Croix Rouge. Pour cela, il doit passer par le biais d'un travailleur social (CCAS, CAO, centre d'aide sociale...) qui décidera si le demandeur a besoin d'une aide dans ce domaine. Pour ces deux derniers services, on demande une participation financière de l'ordre de 0,60 euros pour une personne et pour trois jours.


Zap:Comment agissez-vous avec les réfugiés?

Véronique Gouret:Nous gardons le principe de l'impartialité et de la neutralité, car nous ne sommes pas là pour juger. Ce sont des gens qui vivent souvent des situations difficiles. L'essentiel consiste donc à installer une relation de confiance entre eux et nous.


Zap:Qui sont-ils ?


Véronique Gouret: Nous avons environ 400 domiciliations en ce moment. Ils sont pour la plupart d'origine albanaise, arménienne et russe. Des chiffres qui tendent à doubler d'année en année.
Et les projets dans l'avenir ?
En mars 2003, nous avons le projet de développer le service administratif. Notre public est de plus en plus demandeur en la matière.

...................................................Fabienne

 

 


 

 

 


 

 

Nkita & le collectif Rocana
The specialist / Jan-Fev 2003
 


Pouvez-vous nous dire ce qu?est ROCANA ?
Rocana : C?est le nom de notre collectif qui comprend différents artistes évoluant dans le registre HIP-HOP et R&D. Il y a NKITA, BEE JAY, BLACK ROMEO et DJURUWA pour la partie RAP. Ensuite, viennent DJELLY MO, DJO LONGO, ANGEL, J.D WALLACE, HUG?NS, LUTAYA et MALAMBA pour la partie R&B. Il faut savoir aussi que BLACK ROMEO et DJURUWA forment le groupe AFROCALIBRE, que NKITA, DJO LONGO, DJURUWA et BLACK ROMEO forment le groupe BLACK BACARA, et que les chanteurs LUTAYA et MALAMBA s?appellent EPSY?LON quand elles chantent ensemble. En plus de ça, il y a aussi D.J ANTI-K qui fait partie du collectif.

Que représente le logo de ROCANA ?
R : C?est une plante hybride qui est moitié rose, moitié cannabis. Elle représente les 2 facettes du collectif, à savoir la douceur et la beauté de la rose qui symbolise le côté R&B, ainsi que le côté urbain du cannabis qui a quelque chose de sauvage, tout comme le RAP.

Et le concept CAKE / NKITA ?
R : Ce sont les 2 facettes de NKITA pour qui le chant est représenté par l?appellation CAKE. Ca montre aussi une certaine polyvalence et ça relance encore l?aspect hybride du logo de ROCANA. En fait, NKITA/ CAKE est un artiste hybride. Ce mot et le logo le symbolisent définitivement bien.

Vous avez l?air de tenir à votre indépendance ?
R : Oui, parce qu?on a des choses à dire et que l?on ne veut pas non plus dépendre des autres. On l?a suffisamment fait et ça ne nous a jamais fait avancer, au contraire. Dans ROCANA, NKITA produit la grande majorité des sons et J.D WALLACE en fait un. Notre objectif, à long terme, ce serait que le maximum de nos artistes puissent un jour produire eux-mêmes des sons. Le jour où on arrivera à ce stade, ce sera super.


Qui a choisi les thèmes ?
R : En fait, tout le monde. Bien sûr, il y avait une certaine concertation, mais elle était somme toute assez minime. Comme chacun écrit ses textes, c?est préférable. Pour nous, c?est important que chacun puisse dire ce qu?il veut.


Comment avez-vous sélectionné les invités ?
R : NKITA connaissait bien NEGRO SPRIRITUEL. Leur présence s?est donc faite naturellement. De même pour ESPERANZA, qui est un artiste que l?on respecte et qui nous respecte. Pour ce qui est de DJANGO JACK, par contre, c?est différent. Comme je l?ai dit, c?est un artiste hybride (c?est vraiment un terme qui nous représente). Il chante et il rappe très bien donc, on avait envie de l?avoir sur notre disque. C?est vrai qu?il a signé sur un gros label mais bon, c?est assez récent, et puis il a lui aussi cet état d?esprit d?indépendance. C?est un point commun important. On l?a contacté et il a été ravi de participer au morceau « L?indépendant ». Quant à D.J DEHEB, il chante sur un morceau et produit 2 titres. Il voulait participer en adoptant une façon de faire différente de celle dont il a l?habitude, parce qu?il est dans un groupe de RAP. Alors, quand il chante un titre R&B, ça force le respect. Enfin, on a invité WAMID, un musicien du groupe AIWA, et SHINO, musicien du groupe OUARZAZATE SYSTEME.