OL'KAINRI
Jean Songe /Fev 2002
 

Parmi la ribambelle de rappeurs qui sortent leur 1er album cette année, OL'KAINRI est sans nul doute l'un des plus doués. Que dire quand il est, en plus, signé sur le label NOUVELLE DONNE ? C'est une association qui ne peut que marcher et le rappeur le prouve avec un album en béton armé capable de rivaliser avec la plupart des bons albums de RAP français. ZAP a fait un saut dans son univers. Attention, talent!

ZAP : Pourrais-tu présenter ton album en quelques phrases ?

OL'KAINRI : c'est un album personnel, le 1er d'OL'KAINRI rappeur de son état. Il est éclectique dans son ensemble avec des thèmes qui montrent le maximum de ses différentes facettes.

ZAP : comment t'es venu l'idée de faire un morceau sur le divorce ?

O.K. : c'est un morceau qui n'est pas autobiographique mais qui concerne un de mes proches, en l'occurrence un de mes cousins. J'avais juste eu envie d'en parler pour montrer aux gens que cette situation n'arrive pas que dans les films. Rien n'est calculé.

ZAP : Tu parles beaucoup de conflits entre générations. Tu n'as pas peur que les gens te prennent pour un moraliste ?

Surtout que le RAP-caillera a explosé depuis un peu plus de deux ans. O.K. : moi, je ne suis pas les tendances donc déjà je ne calcule pas ce côté-là. En plus de ça, le HIP-HOP est un mouvement qui dit de rester vrai alors pourquoi je me cacherais derrière un masque de caillera ? Je ne dis pas que je suis un lover, non. Seulement faire l'apologie du RAP-racaille ne m'intéresse pas. Je trouve que les jeunes aujourd'hui écoutent beaucoup les rappeurs donc je leur donne des textes qui font réfléchir afin qu'ils puissent éviter de faire des conneries. Après, si les gens me disent moraliste, alors tant pis ou plutôt tant mieux.

ZAP : justement, pourquoi, d'après toi, les jeunes se comportent de plus en plus en bandits ?

O.K. : tout est une question d'engrenage. Il suffit que tu cèdes une fois à une proposition malhonnête pour que tout bascule. En plus, généralement, les gens préfèrent tout ce qui est facile à obtenir tout de suite. Mais le vrai problème vient du fait que quand ils veulent arrêter, il est déjà trop tard. C'est la vie.

ZAP : un morceau sur l'unité ; ça fait un peu utopique, non ?

O.K. : complètement mais, en même temps, il faut en parler parce que ça peut paraître abstrait, et ça l'est, mais c'est comme une lueur d'espoir et quand il n'y a plus d'espoir c'est la fin. En fait, ça symbolise mon "I have a dream" à moi, même si c'est à un niveau beaucoup moins important.

ZAP : pourquoi avoir parlé des aventures de "BOBBY" (ce terme symbolise le sexe du rappeur) ?

O.K. : c'est parti d'un pur délire. L'histoire, c'est que j'avais écouté le son qui m'avait fait rigoler parce qu'il avait des sonorités un peu débiles. Du coup, je me suis dit qu'il fallait que je fasse un texte débile là-dessus. De tout ça est née l'histoire de BOBBY parce qu'il fallait que lui aussi aie sa petite heure de gloire quand même.

ZAP : sur la compilation "D.V. Corp.", tu as produit ton propre morceau. Pourquoi pas sur ton album ?

O.K. : je voulais simplement me concentrer au maximum sur mes textes. Si j'avais fait mes propres sons, ça m'aurait pris plus de temps et ça j'en manquais. Mais la prochaine fois, il se peut que je m'y remette. On verra.